Au CHU de Mont-Godinne comme ailleurs, la phase 1B du plan covid est active depuis ce lundi. "La situation est complexe, compliquée. Elle est préoccupante, ça oui ! Mais elle n’est pas catastrophique… pour le moment ! Je crois quand même que ce n’est pas une situation injouable. On savait que cette phase allait être difficile au début. Ça nous demande un peu d’adaptation", confie ainsi le Dr Benoit Rondelet.

Saturés ou pas, nos hôpitaux ? Tout dépend d’abord du lieu. Voici sa réponse : "Nous sommes surchargés de travail, comme tous les établissements des autres grandes villes du pays. C’est tendu à Mont-Godinne, mais on a encore de la place. Le site de Ste-Elisabeth est moyennement saturé. Dinant est presque totalement saturé. Ce qui implique que nous allons devoir prendre des mesures pour transférer certains patients d’un site à l’autre", ajoute le médecin.

En clair, il reste donc des lits aux soins intensifs et dans les autres services internes du CHU, mais les moyens ne sont pas là. Et ça, c’est un gros problème. "On peut avoir 50 lits, mais si on n’a pas les infirmières qui vont avec… Par poste/garde pour nos différents sites, comptez qu’il nous manque environ une dizaine de soignants (es). Un chiffre qui m’inquiète aussi, c’est de voir le nombre de certificats médicaux que le personnel médical nous renvoie ces derniers temps. A ce rythme, je pense qu’on finira la semaine en ayant épuisé nos ressources concernant la phase 1B." Et après ? C’est un cercle vicieux, selon lui. "Il va falloir faire des choix et cibler les priorités au niveau des pathologies des patients. Et ça, ce n’est pas une bonne nouvelle."

Les deux sites du CHRSM sont passés en phase 1B, comme les 6 hôpitaux du Réseau Hospitalier Namurois (RHN). "Nous sommes actuellement en train de nous organiser afin de déprogrammer une partie de nos opérations non-urgentes. Chaque situation est analysée et une décision est prise par une équipe pluridisciplinaire. Cette décision était indispensable afin de pouvoir soigner au mieux les nombreux patients hospitalisés : nous devons assurer une présence suffisante en termes de personnel soignant. Réduire les chirurgies non-urgentes va donc nous permettre de mobiliser ce personnel vers les unités qui restent ouvertes, comme les unités COVID, les soins intensifs et les Urgences. Nous insistons toutefois pour que les patients qui nécessitent des soins viennent à l’hôpital", indique un communiqué signé Gilles Mouyard, Président du CHR Sambre et Meuse.

L.T.