Plus de cours ? Les loueurs de kots vont tenter de trouver des solutions… au cas par cas.

Cyprien et Alexandre louent un kot dans le quartier Bomel à Namur. Confinement oblige, ils ont regagné le logis familial, probablement jusqu’en septembre prochain. Quid de leur location namuroise ? Les deux étudiants s’interrogent. "À mon avis, on peut résilier le contrat pour cause majeure. Ce n’est pas de notre faute, ce qui arrive. C’est une lourde charge pour mes parents alors si on peut arrêter de payer, c’est une bonne chose", estime Alexandre. Son copain ne partage pas cet avis. Pour lui, "le propriétaire n’est pas responsable non plus et ne doit pas supporter seul le coût de la crise".

Lequel des deux a raison ? Compliqué ! Pierre-Yves Dermagne, ministre wallon du logement, ne peut pas prendre parti pour le locataire ou pour le propriétaire. "Les situations peuvent parfois être compliquées des deux côtés. Je pense par exemple à un modeste propriétaire retraité pour qui les rentrées locatives peuvent s’avérer indispensables. D’autres propriétaires peuvent faire un geste. Nous en appelons donc au bon sens et à la solidarité", explique son porte-parole Olivier Rubay.

Une diminution des charges

Du côté des bailleurs, on ne se presse pas vraiment pour s’exprimer, on reste dans l’expectative. "On a appris via la presse que les cours ne reprendraient probablement pas avant le mois de septembre. On n’a pas encore réagi", explique cette dame dont la société gère des kots, des appartements et des studios pour étudiants. "On n’aurait jamais pensé que cette crise allait arriver. Légalement, le bail peut être rompu moyennant un dédit de trois mois. Nous allons nous rendre sur place, voir quels sont les étudiants qui sont encore là et les rencontrer pour tenter de trouver des solutions. Mais ce qui est certain, c’est que nous faisons payer les charges réelles et que celles-ci diminueront si le kot n’est pas occupé".

Des solutions personnalisées

L’avocat Thibault Bouvier est un des responsables d’une société propriétaire de quelques centaines de kots. Pour lui, les choses sont claires : "Il y a le droit pur. Un contrat a été signé. Malgré le confinement, l’accès aux kots est maintenu. Le contrat est conclu à l’année, quel que soit le nombre de jours de présence de l’étudiant, et il doit donc être exécuté".

Cependant, l’avocat admet que cette crise nous dépasse tous. Il rappelle comme d’autres loueurs que si les kots ne sont plus occupés, une partie des charges ne devra plus être payée. Mais des solutions peuvent être dégagées au niveau du loyer, au cas par cas. "Si les parents travaillent dans l’Horeca, par exemple, pas de problème, nous pourrons trouver un arrangement. Mais un locataire a voulu me faire une leçon de morale, trouvant anormal qu’il doive continuer à payer son loyer en cette période de crise. Or, ses parents travaillent tous deux dans des administrations publiques et ne subissent pas de perte de revenus. À ces opportunistes, je dis non. Nous sommes humains mais pas idiots !"

Patrick Lefèbvre