Le tribunal correctionnel de Namur a condamné jeudi un Néerlandais accusé d’avoir vendu pour près de 15.000 euros d’héroïne à Namur entre mars et avril 2020 à une peine de 3 ans de prison assortie d'un sursis de 5 ans pour la moitié de la peine.

Intercepté en flagrant délit le 1er avril dernier avec 110 grammes d’héroïne sur lui, le prévenu est en aveux. D’origine néerlandaise, il vivait au Royaume-Uni avec sa famille. Il est parti vivre aux Pays-Bas où il s’est retrouvé en proie à d’importantes difficultés financières. Il a été impliqué dans une organisation de malfaiteurs très active : on lui donnait de l’argent pour se loger et prendre le train et il livrait en échange la drogue pour un ressortissant des Pays-Bas à qui il remettait le produit de la vente, tout en gardant pour lui une centaine d’euros par semaine. 14.700 euros d’héroïne auraient été ainsi écoulés à Jambes, en bord de Meuse en un peu plus d’un mois.

Il expliquait le 3 septembre : "J'étais consommateur, SDF et je n'avais pas d'argent, ces gens m'ont proposé d'en gagner relativement facilement. , comme un échange de bons procédés. Je pensais d'ailleurs qu'il s'agissait de haschich marocain et pas d'héroïne, car les tarifs sont différents en Angleterre."

Le parquet de Namur, considérant le risque pour la santé publique que représentait ce trafic, réclamait une peine de prison de 4 ans. Le substitut Gaublomme expliquait : "Il était un disciple de celui que l'on appelle "Le Boss". Il était en contact chaque jour avec la Hollande. On lui amenait la drogue à Bruxelles et il venait la vendre à Namur, il rendait des comptes au Boss, il y avait une réelle structure et organisation dans cette association de malfaiteurs."

Dans son jugement, le tribunal a tenu compte de l'absence d'antécédent du prévenu et de son jeune âge, de son isolement, de sa non-intégration socio-économique, mais aussi de la gravité des faits et des risques physiques et psychiques pour autrui que comporte la consommation des substances qui étaient vendues.