Didier avait 58 ans, il venait d’être prépensionné. Originaire de Walhain, il a croisé la route du prévenu le 17 décembre 2020 sur le coup de 16h, chaussée de Charleroi à Corroy-le-Château. Et la collision fut mortelle.

Le conducteur, né en 1979, est père de 6 enfants et travaille dans le bâtiment. Il présentait ce jour-là un taux d’alcool de 0,82 gramme par litre de sang. Il avait consommé de la cocaïne la veille des faits et avait avalé un somnifère. Il a pris sa Mercedes avec sa nouvelle compagne ce jour-là pour aller faire une course. Selon plusieurs témoins, il avait adopté une conduite dangereuse depuis plusieurs kilomètres, dépassant intempestivement avant de freiner de manière violente. Au moment de l’accident, plusieurs témoins estiment que le conducteur avait le temps de se rabattre. Sa compagne et lui-même ont été blessés dans l’accident

Interrogé par le tribunal ce jeudi, il n’a pas pu fournir d’explication au sujet des faits, se contentant de dire qu’il ne s’en souvenait pas.

De l’enquête et des déclarations de la passagère, il ressort que celle-ci a pris à plusieurs reprises le volant du véhicule afin d’éviter des accidents. Et que le conducteur a maintenu sa trajectoire au moment de la collision qui fut fatale à Didier, alors que la passagère l’avait averti du danger.

L’avocat des parties civiles, endeuillées à 3 reprises dans les mois qui ont précédé l’accident, souligne l’attitude irrespectueuse du prévenu, sa désinvolture, le fait qu’il n’apporte aucun élément de réponse permettant à ses clients de se reconstruire quant à cet accident.

8 ans de prison et une déchéance du droit de conduire sont requis par le substitut Gaublomme pour cette entrave méchante ayant causé la mort. "De nombreux témoins sont interpellés par l’attitude du prévenu. Un des premiers à avoir croisé sa route affirme qu’il rigolait au volant. D’autres disent l’avoir vu dépasser dans des conditions hallucinantes, dangereuses. Il dépassait et freinait, mettant les autres usagers en difficulté, il a même dérapé au moment de réaliser certains dépassements. Tous les témoins de la collision, qui a eu lieu au milieu des 2 bandes de circulation, affirment qu’il avait le temps de se rabattre mais qu’il ne l’a pas fait, alors que sa compagne tentait de le raisonner. Le compteur était bloqué sur 100km/h, dans une zone limitée à 70." Le représentant du ministère public rappelle que le prévenu avait déjà été condamné à 2 reprises pour des coups et blessures volontaires et souligne l’absence de respect, de remords et de regret dans le chef de celui-ci.

La défense demande la requalification des faits en homicide involontaire et plaide une peine assortie d’un sursis probatoire. "Il n’y avait pas d’intention méchante dans le chef de mon client, que ce soit d’entraver la circulation ou de provoquer la mort. La consommation de stupéfiants et de drogue ont obscurci ses pensées et son comportement s’est révélé imprudent et inadapté. Lors de ses interrogatoires, il a exprimé ses regrets, il est marqué à jamais et aurait préféré perdre la vie ce jour-là."

Jugement le 24 mars