Sur sa chaîne YouTube, Ben’t Wind dénonce les comportements à risque au quotidien.

Ben’t Wind est le genre de personnages que certains automobilistes considèrent comme des Zorro, voire des emm… Du poil à gratter qui leur rappelle leurs infractions et leurs incivilités. Pourtant, sa démarche est avant tout positive et éducative. Il rappelle les règles du Code de la route afin de sensibiliser tous les usagers à un partage harmonieux de la voie publique.

Bavi se déplace exclusivement à vélo et filme ses trajets quotidiens. "J’ai deux caméras : une à l’avant, vissée sur mon casque, et une à l’arrière. Je les branche systématiquement avant de démarrer : c’est mon assurance en cas d’accident notamment", nous explique le Namurois d’adoption.

Cela lui permet aussi de mettre en ligne des vidéos de sensibilisation avec des cas concrets sur le territoire namurois. Un tour sur sa chaîne YouTube permet de voir quels sont les dangers, pour les cyclistes, mais aussi pour les autres. Quelques messages qu’il souhaite faire passer.

À la police : "Quand fera-t-on respecter le Code de la route ? Il n’y a pas besoin d’aménagements sécurisés si chacun respecte le Code de la route, mais les automobilistes pensent que la route leur appartient. Par exemple, rue Pépin, une opération de sensibilisation avec des sanctions éventuelles permettrait que les parents qui viennent chercher leurs enfants à l’école comprennent qu’ils mettent la vie des autres en danger en stationnant n’importe où et en obligeant les cyclistes à se prendre les voitures de face."

À la Ville de Namur : "Aux quatre coins, il manque un aménagement pour permettre aux cyclistes de tourner rue de l’Ange au bout du SUL en venant de la rue de Bruxelles en toute sécurité. Dans l’autre sens, au coin de la BNP au début du SUL (sens unique limité) de la rue de l’Ange, le cycliste tombe sur des voitures garées juste après un coin, c’est dangereux."

Aux piétons : "Il faut arrêter de traverser à l’oreille. Un vélo ne fait pas de bruit, une voiture électrique non plus, mais ils peuvent vous faucher. Ne pas oublier de regarder à droite et à gauche avant de traverser, même si on pense que c’est un sens unique. J’ai failli prendre avec mon pédalier un enfant de 18 mois qui traversait avec ses parents entre deux voitures…"

Aux automobilistes : "Il ne faut pas forcément dépasser un cycliste. En ville, ils roulent aussi vite que les voitures. Quand on le fait, il faut avoir une visibilité parfaite en face, laisser un mètre de sécurité entre le véhicule et le vélo et assez de place pour ne pas faire une queue de poisson en se rabattant."

Aux cyclistes : "Le Code de la route s’applique à tous. On ne roule pas sur les trottoirs à vélo. On roule à droite de la route, pas à gauche, même sur les bandes dessinées au sol pour les SUL. Et il faut être visible pour sa propre sécurité."

© Veronesi

"Le vélo couché : plus confortable, moins risqué"

Les automobilistes lui reprochent de ne pas être assez visible, mais il est dans son droit.

Si Bavi, alias Ben’t Wind sur Facebook et sa chaîne YouTube, utilise le vélo couché, c’est pour plusieurs raisons.

"D’abord, c’est plus confortable. J’ai parcouru des milliers de kilomètres en France et en Espagne en 2016. On ne rencontre pas les mêmes douleurs qu’avec un vélo classique", explique celui qui s’est arrêté à Namur depuis deux ans.

Il y voit aussi des avantages en matière de sécurité et d’éventuels dommages corporels. "En cas d’accident, ce n’est pas la tête qui va prendre en premier, ni les mains, mais les pieds. Je trouve cela plus sécurisant." Il a déjà pu le constater en ayant été embouti par une voiture.

"La première fois, c’était près de la prison de Namur. La voiture derrière moi roulait trop près à l’arrière du vélo. Elle m’est rentrée dedans alors que je ralentissais pour laisser un piéton traverser. J’ai eu des douleurs dans le dos mais je n’ai pas été sérieusement blessé. Par contre, l’arrière du vélo a été complètement détruit, ce qui a nécessité de lourdes réparations et 7 mois de négociations avec l’assurance."

C’est aussi la raison pour laquelle Bavi insiste sur les distances de sécurité. "Elles sont valables pour tous les usagers de la route. Quand on est à plus de 20 km/h, comme souvent à vélo, il faut 1 seconde pour réagir et puis le temps de freiner. Il faut donc avoir en permanence 11 mètres de distance minimum si on ne veut pas voir un cycliste sous ses roues. Trop de voitures roulent à 2 ou 3 mètres" , dit-il.

Car le vélo, même s’il s’équipe de feux pour sa visibilité, n’est pas équipé d’un système de feux arrière qui s’allument lorsqu’il freine. Et le cycliste ne bénéficie pas d’une carrosserie et d’airbags pour le protéger en cas d’accident.

https://www.youtube.com/watch?v=koaZOJn8bUA&feature=youtu.be&fbclid=IwAR0eLpsJvocoBcXZzW0xhLCEbSRuoL4m-gRoBsgqQa-TlI_8-sE_FFIEhXI

https://www.youtube.com/watch?v=N5wjLRqD9no&feature=youtu.be&fbclid=IwAR3Gff9POJ9-R7GZrYheSC1Je4w-2oaWolnhWV-AmHtAiVLQxgYcZftMpOI

https://www.youtube.com/watch?v=luwLNWl6jqE&feature=youtu.be&fbclid=IwAR3Gff9POJ9-R7GZrYheSC1Je4w-2oaWolnhWV-AmHtAiVLQxgYcZftMpOI