Ce jour-là, il a envoyé 74 sms et passé 96 appels à sa compagne, entre 9 et 14h.

Le 11 juin dernier, Bernard (prénom d'emprunt), s'exprimait très calmement devant le tribunal correctionnel de Namur où il comparaissaitt pour des faits de harcèlement, de menaces, de violation de domicile et de coups sur sa compagne, Marie (prénom d'emprunt), qu'il a rencontrée alors qu'elle était âgée de 17 ans. En 10 ans, le couple a sûrement connu des hauts mais aussi beaucoup de bas. Le 12 février dernier, Bernard a été condamné à une peine de 30 mois de prison pour des faits similaires à ceux qui ont été abordés devant le tribunal, mais qui se sont déroulés durant la période 2012-2015. En 2015, il a été condamné à 5 ans de prison pour vols avec violence.

Bernard est finalement sorti de prison en juillet 2019. Le Bruxellois est alors venu vivre avec sa compagne, son seul amour, à Namur. " Elle est tombée en dépression, elle ne mangeait plus. Nous avons alors pensé qu'elle devait être hospitalisée." La future victime intègre alors l'aile psychiatrique de la clinique Saint-Luc de Bouge le 23 septembre. Pendant son hospitalisation, Bernard consulte le compte Facebook de la jeune femme et observe qu'elle a conversé avec d'autres hommes pendant qu'il était en prison. Bernard commence alors à l'insulter et à la menacer. Début octobre, Marie décide de rompre. Il vit mal les choses et part en vrille : le 4 octobre, il lui envoie 74sms et l'appelle à 96 reprises entre 9 et 14h. Quelques heures plus tard, ce sera à nouveau une centaine d'appels et 47 SMS qui arriveront sur le téléphone de Marie

La représentante du ministère public expliquait : " Alors qu'elle était hospitalisée, la victime et le personnel de l'hôpital ont été menacés : "Je vais vous démonter tous", "Si je vois une voiture de flics je te tue", "Le fou arrive", "Je prends mon couteau et j'arrive". Par mesure de sécurité, un garde a été engagé et la jeune femme a été placée en chambre d'isolement, l'hôpital a déposé plainte."

Le lendemain, Marie obtient une permission pour sortir de l'hôpital. Elle regagne son kot, mais Bernard s'y rend. Il brise une vitre pour entrer par effraction. La jeune femme se retranche dans la salle de bains, il la frappe, au visage, au ventre, sur tout le corps, avant de la menacer de se suicider et de la supplier de reprendre la relation.

Le tribunal a rendu son jugement ce jeudi. Une peine complémentaire d'un an vient s'ajouter à celle de 30 mois déjà prononcée pour des faits similaires.