Lundi devant le tribunal correctionnel de Namur, le substitut Hélène Mascart a réclamé une peine de 2 ans assortie d’un sursis probatoire à l’encontre de Thomas (prénom d’emprunt), qu’elle présente comme un véritable tyran domestique. C’est pour répondre de violences sur deux de ses compagnes qu’il était en effet présent au tribunal.

"Le 14 août 2018, lors d’une scène qui a duré de 6 à 14h, il a fait monter sa compagne de force dans le coffre de la voiture. Des qu’elle voulait en sortir, il la frappait. Il m’a menacée d’aller la jeter à l’eau à Andenne. Quand elle est sortie de là, elle était en état de choc, avait les vêtements déchirés et le visage en sang. Il banalise les faits de violence sur les femmes mais a besoin d’un sérieux recadrage."

Que ce soit lors de l’instruction d’audience ou lors de la prise de parole de la partie civile, qui réclame une somme de 5000 euros à titre provisionnel, les faits évoqués sont nombreux et toujours très violents. Des violences verbales et physiques sont mentionnées mais aussi des faits de harcèlement, comme ce jour lorsqu’il a envoyé près de 103 SMS à l’une d’entre elles. Sa jalousie maladive est souvent exacerbée par la consommation d’alcool et de cocaïne. Ce qui obligeait ses victimes à couper les ponts avec leurs familles et leurs amis. L’une d’entre elles a d’ailleurs perdu son travail après s’être présentée au travail en retard, le visage tuméfié après une nuit d’horreur. Une autre a eu un accident après une scène de coups, alors qu’elle avait pris la route à 3h pour trouver une pharmacie.

"En 2017, une des victimes recevait des amis chez elle. Il a débarqué, l’a séquestrée, lui a donné des coups, avant de saisir un couteau et de le lui lancer dans le dos. Il l’a projetée contre une commode, elle s’est ouvert l’arcade, il l’a traînée par les cheveux. Elle a vécu un véritable cauchemar."

L’avocate du prévenu plaide une peine autonome de travail pour celui-ci. Jugement le 30 novembre.

JVE