À 62 ans, ce Cinacien comparait devant le tribunal correctionnel de Dinant pour avoir fourni un local à des mineurs dans lequel ils ont pu consommer de la drogue et de l’alcool. Deux ans sont requis par le ministère public.

Les faits remontent à la nuit du 10 au 11 juillet 2020. "La police est appelée par une dame car des jeunes font du bruit devant l’appartement de son fils", indique le parquet de Namur.

Ces jeunes (Ndlr : deux majeurs, quatre mineurs de 16 ans et un de moins de 16 ans) sont sous influence. Avant d’être contrôlés, ils se trouvaient chez un sexagénaire, que les policiers retrouvent ivre mort dans son fauteuil. Ce dernier en aurait invité quelques-uns à prendre un verre, comme il le faisait régulièrement et les a laissés se droguer. Ce que conteste l’intéressé. "Ils sont passés au-dessus de la barrière et sont entrés par la véranda. J’avais laissé la porte ouverte car il faisait chaud. Ils ont voulu prendre un verre mais ils avaient de la drogue sur eux et en ont consommé. Ça m’ennuyait mais j’étais un peu mal pris", rétorque le prévenu. "Pourquoi ne pas les avoir mis dehors ?", questionne la présidente du tribunal. "J’ai sans doute été intimidé."

La défense, elle, parle d’une soirée en deux temps. Oui, son client a toléré la consommation de cannabis. Mais quand ils sont allés se fournir en speed, il était comateux dans le fauteuil. "Ces jeunes sont venus chez lui avec tout ce qu’il fallait. Ils avaient déjà prévu leur soirée. Si ce n’était pas chez lui, c’est chez un autre ou dans l’espace public qu’ils auraient consommé", plaide la défense qui demande l’acquittement.

L’autre problématique dans ce dossier est que le prévenu a été condamné en juin 2018 à 18 mois de prison avec sursis probatoire pour des faits de pédopornographie. Parmi les conditions à respecter : celles de ne plus commettre d’infraction, de ne plus être en contact avec des mineurs sans la présence de majeurs et suivre et formation. Des conditions non respectées pour le parquet de Namur qui demande la révocation de ce sursis. Jugement le 8 février.