Michel et son épouse ont enduré les aboiements pendant des mois.

Le bruit provoqué par les chiens fait régulièrement l’objet de conflits de voisinage. Parfois, la situation dérape et les protagonistes en viennent aux mains. Michel Englebert, 68 ans, en a fait la triste expérience en juillet 2014, dans le quartier de la Campagnette à Marche.

Pendant plusieurs mois, ce retraité sans histoire et son épouse ont enduré le vacarme provoqué par les 18 chiens du voisin. Les tentatives de dialogues entreprises pour le couple se sont avérées infructueuses. "Les chiens restaient dehors jusque 22 h 30-23 h", se souvient Michel. "Nous lui avons gentiment demandé de bien vouloir les rentrer un peu plus tôt : nous n’arrivions plus à dormir. Il nous a répondu qu’il sortait ses chiens quand il voulait et qu’on n’avait qu’à aller dans un home. Voilà 46 ans qu’on habite ici."

Le couple a été jusqu’à saisir les autorités communales pour mettre un terme à cette situation. "La police a interpellé les voisins à plusieurs reprises. Une pétition a même circulé dans le quartier." En vain.

Un soir, Michel est sorti pour faire entendre le raffut à la police, par téléphone. "Il devait être aux alentours de 22 h 30-23 h. Je suis ensuite rentré en attendant l’arrivée d’une brigade. C’est alors que j’ai entendu quelqu’un à la porte. J’ai ouvert, et ni une ni deux, le voisin m’a frappé."

Ce soir-là, Michel a encaissé plusieurs coups de poing, qui lui ont valu une fracture du nez et deux yeux au beurre noir. Le parquet ayant classé l’affaire au motif qu’il s’agissait d’un simple conflit de voisinage, le couple de retraité s’est tourné vers un avocat, Renaud Duquesne, qui a lancé une citation directe.

Vendredi, Michel s’est constitué partie civile devant le tribunal correctionnel de Marche. La voie tremblante d’émotion, le sexagénaire a raconté son calvaire à la barre. "On est venu chez moi, on m’a attaqué alors que je rentrais de l’hôpital pour un infarctus. Aujourd’hui encore, j’ai peur…"

Le ministère public requiert deux mois de prison et une amende de 300 €. Entretemps, le voisin a plié bagage, emportant ses chiens avec lui. Il ne s’est pas présenté à l’audience.