L’homme né en 1978 qui a comparu devant le tribunal correctionnel de Dinant, ce mercredi matin pour harcèlement, avait une manière particulière, si pas effrayante, d’aborder les filles.

La première victime venait d’avoir 18 ans, début 2018. "En tout, il m’a suivie cinq fois. La première fois, j’étais seule dans le train. Il y avait de la place partout, je portais mes écouteurs mais il s’est quand même assis près de moi. Il m’a posé des questions auxquelles j’ai répondu par politesse", explique-t-elle. La jeune fille a été amenée à revoir cet individu à plusieurs reprises dans ce train qu’elle prenait pour se rendre à Charleroi. "Il était de plus en plus intrusif. Il allait jusqu’à me prendre le bras ou me faire la bise. Il m’a un jour suivie jusqu’à la salle de sport. Mon langage corporel devait lui faire comprendre que je ne voulais pas plus. Mais je n’osais pas m’énerver par peur de sa réaction."

Malgré un rappel à la loi qui lui a été fait par la police, le prévenu a recommencé, fin 2018, avec une autre dame. Il l’a suivie jusqu’à son véhicule alors qu’elle sortait d’une pizzeria. Malgré l’intervention de son petit ami, il a recommencé quelques jours plus tard. Effrayée, cette dame s’est réfugiée chez un inconnu chez qui le prévenu a fini par sonner pour lui dire qu’il était amoureux d’elle. "Je n’ai rien fait de mal, je n’ai pas eu de mauvais gestes. Je n’avais pas le sentiment de commettre une infraction", explique le prévenu. Ce dernier souffrait, et souffre toujours, d’un trouble mental qui altère sa capacité de discernement et le contrôle de ses actes. Raison pour laquelle le parquet de Namur demande son internement. Jugement le 27 avril.