"Je fuis les couteaux car quand j’en vois j’ai des pulsions et je ne sais pas m’arrêter"

Le 25 février dernier à Namur, Marc (prénom d’emprunt), 53 ans, a failli tuer sa mère de 90 ans au moyen d’un couteau de boucher. Le prévenu, qui habite toujours avec sa maman, était dans sa chambre, à l’étage, alors que sa future victime se reposait dans un relax au rez-de-chaussée. Il s’est rendu dans la cuisine, a pris un couteau de boucher et l’a planté dans le ventre de sa mère. C’est grâce à son frère, qui est intervenu et a appelé les secours, que Marc ne devait pas s’expliquer devant la cour d’Assises ce jeudi.

"J’avais bu, je n’ai jamais pu m’expliquer ce qui m’était passé par la tête. Nous avions bien eu une dispute concernant de l’argent le matin même mais je ne comprends pas. Si cela avait été quelqu’un d’autre, je l’aurais fait aussi. J’ai choisi un couteau pointu et qui coupe bien", déclare le prévenu, qui comparaît détenu. Celui-ci a déjà été interné 10 fois à Saint-Martin, 4 fois au CHR et une fois à saint-Luc, dont il a quitté volontairement l’aile psychiatrique récemment. Marc est placé sous administration de bien, c’est son frère qui tient ce rôle pour lui.

Questionné sur ses motivations, le prévenu est confus : "Depuis que je suis en prison, j’appelle ma mère tous les jours. En première primaire, j’ai passé une année détestable, cela a changé pas mal de choses pour moi, je ne m’en suis jamais remis." Presque spontanément, Marc lâche une bombe devant le tribunal : "J’ai un problème avec les couteaux. Je me mets à trembler dès que j’en aperçois un. Je n’ose plus en toucher, je fuis quand j’en vois un car il me vient des pulsions que je ne sais pas arrêter. Pour faire mes tartines je n’utilise d’ailleurs que des couteaux à bout rond, qui ne coupent pas. En prison, je ne me sers que des couteaux en plastique. Les autres nous sont repris juste après le dîner"

En psychiatrie, Marc est suivi pour ses problèmes d’alcool mais aussi pour son humeur instable et son caractère parfois explosif, un cocktail détonnant. "Si mon client suit de façon régulière sa thérapie médicamenteuse et qu’il ne boit pas, il n’est pas dangereux", confie son avocate, Me Somers. "Je voudrais qu’il soit accueilli à l’hôpital Saint-Martin une fois le jugement prononcé mais ils ne prennent pas les gens directement à leur sortie de prison. Il est actuellement détenu dans l’annexe psychiatrique de la prison de Namur et son comportement est qualifié d’exemplaire. Un appartement protégé pourrait être une solution."

D’après l’expertise psychiatrique réalisée, il ressort que le prévenu présente des facettes antisociales, il doit donc suivre un traitement médicamenteux afin de s’insérer socialement. L’avocate de Marc a demandé un délai afin de trouver pour son client une structure qui pourrait l’accueillir après la prison et sa détention préventive actuelle. Suite des débats le 20 février.