Si aujourd’hui Eric et Marc (prénoms d’emprunt) se sont réconciliés et se voient à nouveau tous les vendredis pour passer la soirée ensemble, les relations n’ont toujours pas été au beau fixe entre les deux beaux-frères.

Lors d’une soirée alcoolisée dans la région d’Andenne fin mai 2019, Eric avait ingurgité pas moins de 7 litres de bière. Quand il a fait une remarque à sa compagne, la soeur de Marc, au sujet de sa tenue, jugée trop affriolante, les esprits se sont rapidement échauffés. Si Marc a vraisemblablement donné le premier coup de poing, Eric a riposté de façon pour le moins disproportionnée. Après un coup de tabouret qui cloue son opposant au sol, il sort un couteau de cuisine et le frappe 3 fois dans le dos et une fois à l’épaule. C’est ensuite une bêche qu’il empoigne, annonçant qu’il veut en finir avec son beau-frère. Qui ne doit sans doute son salut qu’à l’arrivée des policiers sur place et qui a tout de même souffert d’un pneumothorax, d’une fracture du nez avec déviation de la cloison nasale et d’un hématome orbitaire

Le 9 septembre 2020 à Clavier, c’est cette fois pour défendre son beau-frère qu’Eric s’est rendu coupable de rébellion et d’outrage envers les forces de l’ordre : alors que les policiers tentent de le calmer, il se débat, se dégage et fait des gestes amples afin de protéger celui à qui il voulait faire la peau quelques mois plus tôt

Le parquet de Namur réclamaitune peine de 5 ans de prison pour la tentative de meurtre et une peine complémentaire de 6 mois pour la scène de rébellion et d’outrage envers les forces de l’ordre.

Le conseil du prévenu demandait la requalification de la tentative de meurtre en coups et blessures réciproques, la victime ayant donné le premier coup de poing. Il évoquait la provocation et la légitime défense et plaidait la suspension du prononcé.

Le tribunal a rendu son jugement ce lundi. Il ne retient pas la provocation et condamne le prévenu à une peine de 4 ans assortie d'un sursis de 5 ans pour la tentative de meurtre et à une peine de 6 mois assortie d'un sursis de 5 ans pour les faits de rébellion et d'outrage.