"Je suis puni parce qu’elle ne voulait pas se soigner", estime l’accusé.

Lundi après-midi, le tribunal a écouté les récits des policiers et enquêteurs qui sont intervenus dans le cadre du dossier Beelaert. Les policiers qui se sont rendus les premiers sur les lieux expliquent qu’ils ont trouvé Didier Beelaert assis à la table à manger, en slip, en train de fumer et de boire une tasse de café. "Il sentait l’alcool mais ne présentait pas de signe d’ivresse. Il était calme et serein, il a juste dit qu’il en avait marre de sa femme."

Patricia Wuidart présentait des traces de coups sur la joue et sur un bras. Maigre, en training, elle était couchée dans le hall de l’appartement à l’arrivée des policiers. L’autopsie a révélé des traces de strangulation. Les enquêteurs qui ont interrogé Beelaert l’ont tous trouvé très coopérant, calme, détaché, apparaissant comme soulagé par l’acte qu’il venait de commettre. "Le soulagement était le sentiment qui prédominait".

Beelaert a expliqué que depuis le déménagement du couple de Vezin vers Andenne, la vie était devenue insupportable. "Ce qu’elle faisait, c’était boire pour mourir. L’alcool a tué ma femme et ma femme m’a tué." Questionné au sujet du sens de cette phrase, il dira : "Je suis puni parce qu’elle ne voulait pas se soigner". Pour Beelaert, l’alcoolisme de sa femme était dû à la jalousie et à la dépression.

Plusieurs appels de l’accusé aux services de secours ont été diffusés à l’audience. Tout d’abord, celui du soir du meurtre. "Je viens de tuer ma femme. Je l’ai étranglée sur le pot. Ne mettez pas le gyrophare, c’est trop tard, elle est morte." Au cours des 12 derniers mois, Beelaert avait appelé les secours à 7 reprises. A chaque fois, les déclarations sont les mêmes : "J’ai une femme alcoolique, elle est ingérable, si cela continue, je vais la tuer, je vais l’étrangler". Plus tard, il déclare encore : "Je ne sais plus quoi faire, elle boit dès le matin." Et de marteler : "Il va y avoir un meurtre, personne ne veut le comprendre et s’en occuper, je suis à bout de nerfs, elle est insoignable. Elle vient d’avoir 2 ou 3 trempes mais il va y avoir un meurtre." Lors des diverses interventions des secours, Patricia Wuidart présentait à chaque fois un taux d’alcool de plus de 4 grammes par litre de sang.

JVE