L’avocat général Marganne a dressé son réquisitoire. Les avocats de Brohé et Schlamp plaideront lundi.

Le procès de Michaël Brohé et Stéphanie Schlamp, accusés d’assassinat et de tentative d’assassinat sur Robert Robert et Prescillia Greuse à Walcourt le 14 novembre 2017, s’est poursuivi vendredi devant la cour d’assises de Namur avec le réquisitoire de l’avocat général Barbara Marganne. Durant une heure et demie, elle a démontré qu’il y avait intention homicide et préméditation dans le chef de Michaël Brohé et Stéphanie Schlamp.

L’avocat général a rappelé les moyens mis en oeuvre par le couple et la façon dont ils se sont attaqués aux victimes. "Un couteau de cuisine professionnel avec une lame de 18 centimètres, tout comme une batte de base-ball sont des objets aux conséquences létales. Outre le coup de batte donné derrière la tête à Prescillia Greuse, les coups de couteau donné à Robert Robert visaient la région du coeur, on a dénombré pas moins de 7 passages de lame dans le thorax, qui ont causé un traumatisme abdominal majeur. Dans le cas de Prescillia Greuse également, les coups de couteau visaient des zones vitales, elle a souffert de 8 lésions à caractère mortel qui ont entraîné une importante hémorragie abdominale. Dans les deux cas, les coups donnés par Michaël Brohé étaient violents et appuyés, donnés avec acharnement, l’auteur était à califourchon sur Robert."

L’avocate générale a ensuite abordé la circonstance aggravante de préméditation, après avoir expliqué la notion aux jurés. "Les accusés disent que rien n’était prévu. On ne peut qu’en douter au vu du déroulement de la journée du drame. Quand ils s’échangent des sms ce jour-là, Schlamp et Brohé partent en guerre, elle prépare la batte, il revient avec le couteau, ils réfléchissent leur projet funeste, avant d’inviter leur victime à leur domicile. S’ils voulaient juste faire peur à Robert Robert, pourquoi mettre de tels moyens en oeuvre ? Ils ont clairement tendu un piège à leurs victimes, Prescillia Greuse est tombée dans un guet-apens. Quand ils ont appelé les secours, ils ont livré une version rocambolesque et commune des faits, preuves de la préméditation."

Si le mobile de Brohé et Schlamp demeure peu clair, l’avocat général a rappelé aux jurés qu’à ce stade, ils devaient juger les faits et non les personnes. Elle leur a également rappelé que, selon la loi, la prise de cocaïne ne diminuait en rien la responsabilité pénale des deux accusés. "Les drogues n’ont pas eu d’effet sur leurs actes, ils étaient bel et bien dans la réalité au moment d’agir". Pour toutes ces raisons, l’avocate générale a demandé aux jurés de retenir l’intention homicide et la préméditation dans le chef du couple d’accusés.

Les avocats de Schlamp et Brohé plaideront lundi.

JVE