Malmedy, Dinant, Arlon, Champion, Aywaille, Verviers,… Ils étaient près d’une centaine ce mardi matin devant le magasin Brantano de Champion à manifester après avoir appris ces derniers jours la faillite de leur entreprise. "Les travailleurs ont toujours tout donné pour cette boîte. Ils ne subiront pas cette faillite", explique Myriam Djegham, secrétaire permanente CNE.

Au Brantano de Champion, Murielle est la plus ancienne des travailleuses avec 24 ans d’ancienneté à son actif. "Notre magasin marchait très bien. On était d’ailleurs en concurrence avec celui d’Arlon pour être le plus rentable. C’est révoltant", explique-t-elle. "Malgré mes 24 ans d’ancienneté, j’aurais en tout et pour tout 25.000€ bruts, que l’Onem va de toute façon récupérer si je ne retrouve pas du travail." Cette faillite entraîne logiquement de vives inquiétudes dans le chef des employés(e) s qui ne savent pas de quoi demain sera fait. "On attend notre C4. Même si c’est repris, honnêtement, je préférerais tourner la page", enchaîne sa collègue Cindy. Cette fermeture est également difficile à digérer d’un point de vue émotionnel. "L’équipe du Brantano de champion, c’est comme une famille. On a toujours été très soudée", reprend Murielle.


La responsable du Brantano de Dinant, Marie, présente au magasin depuis un peu plus d’onze ans, en avait gros sur la patate. Cette faillite, elle et son équipe la sentaient venir. "Entre 2016 et 2020, on nous a retiré progressivement des petites choses comme les sandwichs lors de réunions, les jouets pour les enfants à l’achat d’une paire de chaussure, une petite glace quand il faisait chaud. Ils ont aussi refusé d’ouvrir pour une braderie pour économiser 250€en publicité…", expliquent Marie et ses collègues Amélie, Catherine et Done. 

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Pourtant, le Brantano dinantais ne se portait pas trop mal. "Quand il y a eu des transformations, on était dans le top 3 des meilleures relances ! Mais on a ensuite été confrontés à la problématique du magasin qu’on isole", poursuit Marie. Selon les employés dinantais, la direction privilégiait largement les commerces flamands. Il y aurait eu du "sabotage." "On devait faire du chiffre, mais on avait moins de marchandises. Ils nous mettaient des marques qui fonctionnent en Flandre, mais pas en Wallonie car en mode, les deux régions sont différentes. Petit à petit, on a perdu notre clientèle avec des marques qui ne fonctionnaient pas. Ils ont tué l’enseigne familiale que c’était faite pour des budgets accessibles."

S.M