Des policiers de la zone de police de Namur sont-ils intervenus de manière disproportionnée, dans la nuit de vendredi à samedi, sur la Place du Vieux à Namur à l'heure de la fermeture des cafés ? C'est en tout cas la version de plusieurs jeunes contrôlés vers 1h30.

"La police est arrivée d’une manière très agressive. Mon copain, mes amis et moi faisons comprendre qu’il y a une manière différente de dire les choses mais qu’on s’en va. Ils procèdent directement à un contrôle de force sur mon copain et notre ami", explique Félicie dans un message partagé à de nombreuses reprises sur les réseaux sociaux. "Les policiers veulent les fouiller. Une autre personne qui était avec nous intervient et leur dit que c’est bien trop lourd comme procédé alors qu’il ne s’était rien passé. Dean, mon copain, s’est fait écarter les jambes de force la tête face au grillage. Il s’est retourné en disant qu’il ne comprenait réellement pas leurs procédures. Il s’est alors fait balayer, massacré de coups de poing la tête contre le sol. Ils étaient trois sur lui à shooter dans le visage et à le frapper. Au même moment, mon autre ami se fait prendre par strangulation au sol, à deux doigts d’étouffer tapant son poing au sol pour supplier l’agent d'arrêter. Le dernier à s’être fait mettre contre le mur interagit et demande d'arrêter. Le policier se relève en lui disant 'Ferme ta gueule sinon tu vas ramasser comme lui.'

Dean, l'une des personnes contrôlées, a reçu des coups. « Au moment de la fouille corporelle, je sentais que ça allait partir en cacahuète. Face au grillage, ils m'ont demandé d'écarter les jambes. Ce que j'ai fait mais l'un des policiers m'a quand même shooté dans le mollet. J'ai fait un geste en me retournant car je ne comprenais pas. On m'a alors fait un balayage. J'ai reçu quelques coups de pied puis des coups de poing dès que je me suis protégé. Pendant ce temps là, mon ami se faisait étrangler. Il tapait son poing au sol pour supplier l’agent d'arrêter. » Le tout se serait passé devant plusieurs témoins.

Dean a ensuite été emmené au commissariat de police. « Quand je suis arrivé, la secrétaire a demandé ce qu'il s'était passé et les deux policiers ont osé dire que j'étais tombé et que je m'étais battu. J'ai dit que c'était faux, que c'est eux qui m'avaient fait ça. J'étais en sang et j'avais soif. J'ai demandé de l'eau que je n'ai jamais eue. Vers 5h00 du matin, j'ai été emmené à l'hôpital pour un scanner. » Résultat : fracture du nez et déviation de la cloison nasale, hématomes à la lèvre supérieure et crin à l'arrière de la tête pour cet étudiant de 21 ans qui va déposer plainte auprès du Comité P. « J'ai obtenu une petite vidéo. Je vais essayer de voir s'il est possible d'en obtenir des vidéos des cafés de la Place du Vieux. »

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Ce lundi matin, nous avons appris auprès du commissaire divisionnaire de la police de Namur Vincent Mathy qu'une enquête interne avait été ouverte. "Les résultats seront communiqués aux autorités administratives et un P.V va être adressé au parquet de Namur. Je ne peux pas en dire plus", a-t-il indiqué.

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