Pour l'avocat, son client doit être puni pour ivresse sur la voie publique. "Il ne faut pas tout voir à travers le prisme du Covid-19".

L’avocat de Michaël S, contre qui le parquet de Namur avait réclamé un an de prison devant le tribunal correctionnel de Namur le 15 avril car il avait craché sur des passants en pleine épidémie de Covid-19, a plaidé ce jeudi l’acquittement pour son client.

Selon le conseil de Michaël S, les faits doivent dépendre de la loi sur la répression de l’ivresse sur la voie publique et non de la loi Covid-19. « La psychose qui entoure le Covid-19 est un danger car il ne faut pas tout voir à travers ce prisme. Il s’agit ici d’une infraction ordinaire mais qui se déroule dans un contexte particulier. En temps normal, si on se réfère à la loi sur la répression de l’ivresse publique, il serait passible au maximum d’une peine allant de 8 jours à un mois de prison et d’une amende variant entre 50 et 100 euros. » Le prévenu conteste le fait d’avoir craché sur des passants et confirme le fait qu’il ne voulait pas faire croire qu’il était porteur du virus.

Les faits se sont passés avenue Jean Materne le 30 mars dernier. Ivre, Michaël S., né en 1965, urinait à l’arrière d’une friterie quand un passant l’a interpellé sur son comportement. Le SDF s’est alors emporté, lui a craché dessus puis a repris sa route en crachant à plusieurs reprises sur des passants. Questionné sur son comportement, il a reconnu qu’il était ivre au moment des faits mais qu’il ne crachait pas particulièrement en direction des gens, précisant qu’il n’avait aucun symptôme du Covid-19. Privé de liberté, il avait été relâché mais avait été cité à comparaître devant le tribunal correctionnel dans le cadre d’une procédure accélérée.

Vu le contexte lié au Coronavirus, le substitut Delannay avait réclamé le 15 avril une peine symbolique d’un an de prison et une amende laissée à l’appréciation du tribunal. Si les faits avaient été initialement qualifiés de « tentative d’empoisonnement », ils ont été requalifiés en « diffusion d’une substance donnant l’impression d’être dangereuse ». La substance en question étant la salive du prévenu.

Jugement le 28 mai.