Namur

4 ans sont requis à l'encontre de celui qui est présenté comme un tyran domestique

Ce qui est présenté comme une "banale dispute" par Bernard (prénom d'emprunt), accusé de coup volontaire ayant entraîné une incapacité permanente, a bouleversé la vie de deux familles, le 6 octobre 2015. Ce jour-là, il assène une gifle à Marie (prénom d'emprunt), qui était alors sa femme depuis 17 ans. "J'ai juste levé trois doigts en l'air", concède-t-il tout au plus à l'audience. Après avoir donné ce coup, il part rechercher son fils au basket. A leur retour, Marie gît sur le sol, à moitié consciente, à côté de leur fille de 5 ans qui est en pleurs. Elle vomit. Une ambulance est finalement appelée et Marie est emmenée aux soins intensifs, son pronostic vital est engagé. Une hémorragie cérébrale massive et un syndrome d'hydrocéphalie ont découlé du coup. La victime souffre d'hémiplégie et développe des altérations de la conscience dont découlent une incapacité permanente, un ralentissement du processus cognitif et le fait qu'elle ne peut plus vivre sans l'aide d'un tiers.

Me Bayer réclame 9000€ de dommage provisoire pour la victime, 5000€ et 2500€ pour deux de ses proches. "Monsieur, en rentrant après l'avoir mise au tapis, a traîné la victime jusque dans une autre pièce avant de la secouer comme un prunier, ce qui peut expliquer la gravité des lésions, c'est le syndrome de l'adulte secoué. Il a attendu près de 2 heures avant d'appeler les secours, alors que ses enfants lui demandaient de le faire. Aujourd'hui, madame est dans un calvaire vivant, elle est comme emmurée en elle."

Le substitut Mascart réclame 4 ans de prison, ne s'opposant pas à un sursis simple. L'enquête réalisée auprès de proches présente Bernard comme un réel tyran domestique, harcelant et terrorisant son épouse et ses enfants, souvent pris de crises de colère.

Me Dassonville, l'avocat de Bernard, demande une peine assortie d'un sursis simple étant donné l'absence d'antécédents de celui-ci. "C'est le 15 octobre, après 9 jours aux soins intensifs, alors que Madame passait en chambre individuelle et devait se reposer que les choses se sont compliquées. Une succession de personnes, notamment sa soeur et sa mère ont remonté Madame afin qu'elle porte plainte contre mon client. Quelques heures après, elle subissait un choc cérébral." Et Me Bayer de répondre : "Ce jour-là , le chef de service notait également qu'elle avait été persécutée par son mari, ce qui a précipité la dégradation de son état neurologique."

Jugement le 24 juin.