Namur Une pièce mobile n’était pas protégée sur une machine servant au renversement des cuves de lavage. La victime insuffisamment formée.

Lundi après-midi sur le site de Père Olive à Seilles, un ouvrier intérimaire de 26 ans originaire de la province de Liège, Joé Sinatra, est décédé sur son lieu de travail après avoir été accroché et emporté par un basculeur.

L’auditorat du travail est descendu sur place et a dressé un périmètre d’exclusion autour des machines concernées. " Un défaut de conformité a été relevé sur un basculeur qui sert à renverser les cuves lors du lavage des olives, une pièce mobile n’était pas protégée comme elle l’aurait dû, l’ouvrier a été entraîné par celle-ci ", explique Jérôme Deumer pour l’auditorat du travail. " La victime était bien dans une zone non-sécurisée. Il s’agissait d’un intérimaire qui avait repris un poste au sein de l’entreprise depuis vendredi et il occupait celui-là pour la première fois au moment de l’accident. L’enquête devra déterminer s‘il avait reçu la formation adéquate. Les six machines de même type ont été mises à l’arrêt, mais il n’y a pas eu de mesure d’interdiction générale au sein de l’entreprise. Le fait de savoir si le défaut de conformité est lié à la machine en elle-même ou à l’utilisation qui en est faite au sein de l’entreprise devra être déterminé, mais il est de toute façon du ressort de l’employeur d’assurer la sécurité de ses travailleurs. Si la machine était problématique, la suite de la procédure sera du ressort du SPF Économie. "

La responsabilité pénale de l’employeur pourrait être engagée pour manquement à la sécurité et au bien-être au travail, que ce soit par l’absence de formation ou d’instruction par rapport à l’utilisation de cette machine. Ce qui constituerait une infraction de niveau 4 au code pénal social. Pour une personne physique, une infraction de ce type est passible de 6 mois à 3 ans de prison et de 4 800 à 48 000 € d’amende. Pour l’entreprise, l’amende pourrait aller de 18 000 à 144 000 €.

Hier, l’entreprise était à l’arrêt, elle pourrait être remise en activité progressivement d’ici jeudi. Une cellule de crise et une assistance psychologique ont été mises en place, les travailleurs sont abattus. Des représentants de Labeyrie, propriétaire de Père Olive, étaient présents. La direction s’abstient pour le moment de commentaire, notamment au sujet des causes de l’accident, renvoyant vers l’enquête en cours. Des sources proches du dossier évoquent cependant la sécurité au sein de l’entreprise : " On oublie parfois de prévenir les conseillers en prévention de certaines interventions sur les machines. Les entretiens sont souvent bâclés, ou il n’y a pas d’entretien préventif. Quant à cet intérimaire, c’était son premier jour à ce poste, qui est d’habitude réservé à des habitués formés pour cela. Il était accompagné d’une personne en CDD qui n’était pas un opérateur qualifié."