La messe en wallon, un des temps forts des Fêtes de Wallonie, avait un drôle de goût ce lundi matin. Une quarantaine de personnes seulement (personnalités politiques comprises) avaient pu prendre place dans l’église Saint-Loup, en plus des membres du Comité central de Wallonie, des musiciens et choristes. À l’entrée, après avoir montré son invitation et posé un bracelet (comme dans les festivals !), chacun est invité à se désinfecter avec du gel hydroalcoolique. Covid oblige, on est donc loin de l’affluence et de l’ambiance habituelle pour ce lundi de Wallos des Namurois. " C’est bizarre, mais espérons que ce qui est bizarre aujourd’hui ne deviendra pas la normalité de demain ", nous glisse malicieusement un participant.

Cette messe est traditionnellement célébrée en mémoire des combattants de la révolution de 1830 et des guerres 1914-1918 et 1939-1945 mais cette fois, elle débute par un hommage aux médecins, aux infirmiers et infirmières, aux femmes de ménage, à tous ceux, toutes celles qui ont travaillé dans les maisons pour personnes âgées.

Et puis, malgré des propos parfois graves liés à la crise, l’abbé Bernard Van Vynkt a réussi à faire rire la trop maigre assemblée. Notamment quand il a parlé de nos ministres de la Santé : " Et du temps de cette crise, nous avons découvert qu’il y avait, en notre pays, neuf ministres de la Santé. Et il vaut mieux ne pas tomber malade ! Parmi eux, il y a bien sûr Maggie De Block. À côté d’elle, nous avons un ministre pour les masques, un autre pour les médicaments, un autre pour le sparadrap et l’iso-bétadine… et je me suis laissé dire qu’il y en avait un aussi pour la diarrhée et les hémorroïdes ." Et, a-t-il ajouté, il y a aussi de bonnes nouvelles : " La passerelle est ouverte, ça, c’est fait. Et on n’a rien trouvé de spécial lors des travaux à côté du Parlement wallon. Ouf !" Mais, plus sévère, il demande à réfléchir au nombre d’hommes et de femmes qui ont fait des masques pour les hôpitaux ou sont allés, comme les Molons, chanter devant les hôpitaux .