À Dinant, Axel Tixhon nous présente un aperçu de ce qu’il a vécu ces derniers mois.

Une année 2020 mémorable en tous points. "Après ma première année, fin décembre, je pensais que la routine allait s’installer. J’avais trouvé ce rythme de croisière, entre réunions et visites sur le terrain, entre les conseils communaux et les différents aspects quotidiens de la fonction de bourgmestre. Je me disais que 2020 allait être pareille, que ça aurait sans doute été plus simple. La routine… Puis le Covid est apparu. En réalité, cette routine s’appelle désormais routine Covid. C’est compliqué dans tous les sens. À tout moment, il faut réagir et s’adapter. Et parfois, prendre des décisions qui ne vont pas plaire", confie-t-il. Certaines décisions n’ont d’ailleurs pas été faciles. Bonnes ou mauvaises, chacune d’entre elles a fait couler beaucoup d’encre.

À Dinant ou ailleurs : gouverner, c’est faire des choix. "Comment prétendre aujourd’hui que j’ai fait un bon ou un mauvais choix ? Aucune idée. On ne le saura que dans quelques années. Avec le recul, on saura si les différentes mesures ont permis de sauver plus de vies ou non. Parfois, on est tenté de faire comme le voisin, pour ne pas avoir de choses à se reprocher. Alors qu’il fallait peut-être faire le contraire ! Mais que choisir ? C’est très difficile de décider. Quand on pense que la situation va s’améliorer (avant l’hiver), malgré le masque obligatoire et les gestes barrières, elle empire. Que faire quand on a 3 fois plus de décès cette année dans nos maisons de repos ? Faut-il autoriser les familles à se voir une dernière fois pour les adieux ? Les émotions prennent parfois le dessus, mais il faut raison garder. On ne peut pas faire de concession pour faire plaisir à l’un, sans penser au reste de la population", ajoute-t-il.

Se tourner vers le futur

Le bourgmestre connaît bien les citoyens et il sait que cette crise sanitaire est en train de faire de nombreux dégâts. Notamment chez ceux qui ont tout perdu, travail et dignité. "Il faut le dire : certains secteurs ont été sacrifiés et des gens n’ont pas facile aujourd’hui. Ce sont des moments difficiles que nous vivons et voir la tristesse des gens n’est certainement pas la meilleure chose qui soit à vivre en tant qu’élu. Nous faisons de notre mieux pour les aider."

Axel Tixhon, qui aime l’Histoire, se tourne désormais vers le futur. "Chaque épisode, guerre ou épidémie, a fortement modifié les habitudes des citoyens. Il faudra voir ce que nous pourrons retirer de cette expérience 2020. Une année qui sera pour toujours dans ma mémoire, mais que j’espère ne plus jamais connaître dans le futur", conclut-il.

Benoit Closson: "On forme une équipe"

Un peu plus au sud du pays, l’avocat devenu bourgmestre Benoît Closson dirige Wellin. "C’est un métier passionnant où je me fais un point d’honneur de rester à l’écoute des gens. Il a fallu être réactif et disponible. Faire preuve de fermeté et d’humanité. Même quand la population nous critique, il faut rapidement reprendre son sang-froid et assumer ses décisions. Nous avons été proactifs en adoptant de nombreuses mesures de soutien à la population, notamment une prime aux personnes en chômage Covid, prime aux indépendants, subventions exceptionnelles aux clubs sportifs, la distribution de masques, le soutien aux seniors et aux isolés, le soutien au personnel soignant, etc.

Avec le collège communal et le CPAS, nous formons une équipe unie et je suis très fier de la manière dont nous gérons cette crise sous tous ses aspects : sécuritaire, économique, mais aussi humain !", confie-t-il.

Mathieu Rossignol : optimiste!

Ancien footballeur et plus qu’un leader dans son équipe, le nouveau bourgmestre bertrigeois s’attendait à être fortement sollicité lors de sa prise en fonction. Comment a-t-il géré cette crise ? "Je ne compte plus les messages reçus ou les appels téléphoniques. Les nuits sont courtes (rires). Mais on en ressort grandi, car c’est une fameuse expérience. Au niveau communal, on forme une équipe (élus, personnel) et on a tenté de s’adapter au mieux. Je trouve que nous ne nous en sortons pas trop mal dans l’ensemble. Nous avons pris les bonnes décisions, même si tout n’est jamais parfait. Notre démarche a toujours été dans la même direction : sans en faire de trop, car il n’y a pas besoin de faire peur aux gens. Cela ne sert à rien d’en ajouter une couche. Humilité, loyauté et équité, mes mots d’ordre. Je reste optimiste pour 2021. La vie de la commune ne s’est pas arrêtée, les dossiers ont avancé malgré la situation sanitaire", explique-t-il.