Namur

Débat crispé, hier soir, au sujet du projet de reconstruction de l’église jamboise et de construction de logements



NAMUR Les paroissiens étaient venus en nombre, hier soir, au conseil communal. On y abordait le projet de démolition et reconstruction de l’église Saint-Symphorien de Jambes, doublée de la construction de logements. Implantée à proximité du pont de Jambes, cette vaste église subit les affres du temps.

Avec son ossature et ses façades en béton, le vaisseau souffre de maux liés à la maladie du béton, accentué par un défaut d’entretien. Les ferraillages apparaissent. Et des briques se détachent, sous l’effet d’infiltrations d’eau.
Sept kilos de béton sont tombés à une certaine époque ”, a expliqué hier soir, au conseil communal, photos à l’appui, l’échevin du Patrimoine, Tanguy Auspert. “ L’eau s’infiltre à l’intérieur, provoquant des problèmes au niveau des bétons intérieurs. Des fissures apparaissent. Ceci sans oublier la difficulté d’entretenir les centaines de m² de toitures en ardoise.

Depuis une quinzaine d’années, une multitude de rapports ont été dressés afin de tirer la sonnette d’alarme concernant l’état de l’édifice. Des étançons ont déjà dû être placés, des cimentages réalisés dans les lézardes de plus en plus voyantes. Problème aussi au niveau des chaudières, jugées “ irréparables ”.
Les remplacer se chiffrerait à 100.000 € ”, a précisé l’échevin. S’il fallait envisager une réfection de l’enveloppe et des chaudières en bon père de famille, cela engendrerait un fameux coût estimé à 1.300.000 € : “ On n’a pas les deniers publics actuellement ”.

D’où la solution proposée par la majorité : pourquoi ne pas tenter un partenariat public-privé ? “ Notre intervention se limiterait au maximum à 600.000 € ”, précise l’échevin du Patrimoine. “ L’idée serait de reconstruire un lieu de culte plus adapté, octogonal (450 places) : soit un tiers du volume actuel et plus accueillant. On donnerait la possibilité au partenaire privé de réaliser en outre 16 à 18 logements sur la parcelle côté rue Wasseige.

Et quid du timing ? “ Pour l’heure, on propose au vote un cahier des charges. Le marché pourrait être attribué courant 2011.
Réaction de l’opposition PS. “ Pourquoi ce dossier maintenant ? Un partenariat public-privé pour un bâtiment de culte, c’est une première ! ”, intervient Valérie Déom, sans verser dans des considérations philosophiques.

Une étude financière approfondie permettrait de s’assurer de l’attractivité du projet (un lieu de culte). Quant au montage du dossier, il n’est pas réaliste. Le 1,7 million d’euros pris en charge par le privé sera répercuté sur le prix des logements. Voulez-vous jeter de la poudre aux yeux aux fidèles avec un dossier qui ne pourra pas aboutir ? Quel investisseur va se montrer intéressé ? ”, proteste la conseillère, qui demande le report du dossier pour le… bétonner.

Réponse de l’échevin : “ On laisse une part de créativité aux soumissionnaires (nombre de logements). Est-ce à nous, pouvoir public, d’établir le seuil de rentabilité ? ”.

Vous vendez un concept à des promoteurs. Il n’y a aucun plan, aucune prescription urbanistique pour les logements ”, rétorque Jean-Louis Close, qui rappelle au passage que les bétons du cinéma Caméo sont aussi anciens que ceux de l’église Saint-Symphorien.

Pour Bernard Guillitte (Mouvement réformateur) et Michel Grawez (Écolo), le dossier n’est pas mûr.
Et le bourgmestre, Jacques Étienne (CDH), de conclure : “ On s’accorde tous pour faire avancer ce dossier. Mais la sagesse veut qu’on le reporte ”, propose-t-il.

© La Dernière Heure 2010