Namur

Mis en circulation le 21 juin 2012 en Lorraine belge, l’épi lorrain est né comme une alternative à l’euro. Une monnaie citoyenne et locale qui s’utilise à présent auprès d’une septantaine de prestataires d’Arlon à Florenville. Ces bouchers, fromagers, boulangers, salons de beauté, garagistes, bijoutiers ou encore des entreprises de pompes funèbres adhèrent aux critères éthiques de l’épi lorrain.

À l’instar des 5.000 monnaies citoyennes à travers le monde, l’Epi lorrain poursuit plusieurs objectifs. "Même si un euro = un épi, ils n’ont pas la même valeur. Avoir des épis dans mon portefeuille m’aide à faire mes courses dans des endroits précis de commerce local. Ils me permettent de réfléchir à ma façon de consommer, à fréquenter de petites épiceries, à développer le lien social et les solidarités. L’épi s’inscrit dans le réseau des alternatives et résistances à la finance omnipotente", relève Jacques Liesenborghs, secrétaire de l’ASBL L’Épi lorrain.

Après une période de rodage, l’épi lorrain entame sa seconde année avec des projets plein la tête. Elle a engagé pour cela deux animateurs qui sont Amélie Cremers, 26 ans d’Arlon, et Michaël Vassen, 36 ans de Habay. "Notre objectif est d’élargir le réseau de prestataires pour permettre de consommer de manière encore plus locale. Il est aussi de faire connaître nos dix comptoirs de change et multiplier les usages de proximité pour les consom’acteurs", précise Françoise Urbain, co-fondatrice de l’ASBL L’Épi lorrain.

L’épi est utilisé auprès de prestataires hors zones, situés à la lisière de son territoire géographique imposé par la Banque nationale. "Nous espérons qu’ils deviendront le moteur d’une nouvelle monnaie-sœur dans la province de Luxem- bourg", poursuit Françoise Urbain.

Lors de sa création il y a un peu plus d’un an, 28.000 épis ont été imprimés avec le soutien financier de la Province de Luxembourg, dont 5.000 sont en circulation. Ils permettront bientôt de financer des micro-crédits locaux. Infos : www.enepisdubonssens.eu.