L’accueil des sans-abri est en contradiction avec l’affectation urbanistique du bâtiment de la rue Mazy à Jambes

Robert Bourgeois y était allé au forcing en ouvrant un accueil pour SDF rue Mazy à Jambes. Voici le retour de flamme : il a reçu une mise en demeure du service Urbanisme de la Ville de Namur. "L’ASBL a un an pour faire une nouvelle demande de permis d’urbanisme pour changer l’affectation des lieux, ou pour quitter les lieux", confirme l’échevinat.

"Nous allons voir avec notre propriétaire (l’avocat Thibault Bouvier, NdlR) s’il n’y a pas une brèche dans le règlement ou si on peut changer l’affectation du lieu. Sinon, nous sommes à l’écoute de la Ville si elle veut nous proposer un autre endroit pour accueillir les personnes précarisées en journée", déclare Robert Bourgeois en renvoyant la balle.

Le bras de fer dure depuis plus de deux ans. Tandis qu’il convoitait le 78 rue Saint-Nicolas pour installer son abri de jour, le projet a reçu le veto du bourgmestre à cet endroit.

Robert Bourgeois n’a pas voulu du numéro 4 de la même rue, qui ne permettait pas "un accueil digne et dans de bonnes conditions". L’endroit n’agréait pas non plus le copropriétaire de l’hôtel des Tanneurs, de l’autre côté de la rue. Lequel lui a aménagé un rez-de-chaussée dans un quartier résidentiel de Jambes.

Depuis l’ouverture de l’Espace Dignité rue Mazy à l’automne 2018, un autre bras de fer s’est engagé, avec un comité de quartier. Qui craignait l’arrivée des SDF ("Effet Nimby", rétorque Robert Bourgeois) et n’en peut plus de constater depuis "les incivilités, vols, squats, intrusions dans les halls d’entrée des immeubles, nuisances, bagarres"... Le dossier fait état de 120 appels à la police, qui a décidé de multiplier les patrouilles.

Il est reproché à l’ASBL de ne pas savoir "tenir" ses invités une fois l’accueil terminé. Les riverains accusent aussi l’Espace Dignité de ne pas disposer du personnel compétent, qui affiche une rotation importante.

"Moi aussi, j’aimerais plus de stabilité dans l’équipe, mais il nous faudrait au moins deux personnes de plus pour faire face à l’affluence", se justifie Robert Bourgeois. Lequel reporte la responsabilité à l’extérieur. "Nous ne pouvons pas assumer seuls ; nous faisons partie d’un réseau."

Toujours est-il que l’ultimatum est lancé et que l’ASBL est contrainte de se réunir chaque mois avec le comité de quartier pour améliorer la situation au quotidien. Sauf que le dialogue ne semble pas se nouer…