Jean-François, qui s'est suspendu aux rochers de la Citadelle, a atteint son objectif.

Mercredi, durant plusieurs heures, un homme de 42 ans est resté accroché au filet de sécurité apposé devant les rochers de la Citadelle de Dinant pour dénoncer ce qu'il appelle « une situation un peu cocasse ». Du travail en noir réalisé pour le compte d'un un juge d'un tribunal de commerce qui n'a pas payé sa prestation de 50€. 

Ce jeudi, Jean-François ne regrettait en aucun cas l'action qu'il a menée. « Je n'y réfléchissais pas depuis longtemps. C'est en entendant les infos le matin concernant la manifestation à Bruxelles que j'ai eu envie de manifester plus intelligemment que ceux qui cassent des vitres. J'ai réalisé la banderole, je l'ai laissée séchée, mise dans mon sac à dos puis j'ai enfourché mon vélo », explique-t-il.

Sur le chemin qui l'a mené en haut de la Citadelle de Dinant, vent de face et léger crachin dans le visage, Jean-François avoue qu'il a légèrement douté. « Mais je suis quelqu'un d'assez déterminé surtout lorsque j'ai réfléchi un minimum avant de prendre une décision. J'ai l'habitude d'avancer vers mes objectifs. » 

Grimpeur confirmé depuis vingt-huit ans, cet homme voulait surtout réaliser un gros coup médiatique dans le cadre de cette manifestation. « Sur le moment, j'attendais d'avoir des informations pour savoir si j'avais atteint mon objectif. Je suis resté là plusieurs heures et j'ai été rejoint par un ami qui est venu discuter avec moi. On a passé un bon moment à savourer cette vue depuis les rochers de la Citadelle. Je ne suis pas un désespéré, je n'ai jamais eu en tête de sauter dans le vide, je savais très bien que j'allais remonter. J'ai aussi joué sur le fait que je n'avais pas de corde et qu'il s'agissait d'une zone dangereuse. Je ne suis pas non plus un chômeur mais un indépendant en noir. Je ne suis pas un mendiant mais quelqu'un de libre. J'ai toujours financé mes expéditions moi-même. »

Après être remonté sur le haut du site touristique, Jean-François a accompagné les forces de l'ordre pour être entendu. Un moment, selon lui, de franche rigolade même s'il risque une amende administrative pour trouble à l'ordre public. « Les policiers m'ont remercié pour les heures sups réalisées. Il y a eu de bons moments de rigolade. J'ai ensuite été accueilli chez un ami avec qui j'ai pris quelques verres avant d'aller me coucher », confie-t-il. Ce jeudi en fin de matinée, Jean-François rentrait à son domicile sur son vélo. Sans regret.