Ce samedi, le secteur Horeca va enfin pouvoir rouvrir ses terrasses mais tous les acteurs ne disposent évidemment pas d’un espace extérieur ou du moins d’une superficie suffisante. En 2020, Namur dénombrait 212 établissements de type restaurants, cafés, brasseries ou tea-room, 74 d’entre eux avaient une autorisation pour une terrasse à l’année et 140 pour une terrasse saisonnière. "Hors période Covid, 4200 m² de l’espace public y sont consacrés et l’année dernière, nous avons accordé 1128 m² supplémentaires pour des extensions demandées par 55 établissements", explique Stéphanie Scailquin, Échevine de l’Attractivité urbaine. "Des autorisations automatiquement renouvelées pour 2021. Nous avons une vingtaine de nouvelles demandes en cours de traitement. Des chiffres qui peuvent encore évoluer."

Une offre qui a été complétée par l’exonération de taxes sur les enseignes, la gratuité des terrasses, des primes de 2000 (cafés) ou 3000 euros (restaurants) et d’autres mesures temporaires. La rue des Brasseurs, côté Place Maurice Servais, devient piétonne. Il en va de même pour la place située entre la rue Godefroid et l’Institut Sainte-Ursule, devant la gare. Des zones de stationnement sont mises à disposition de l’Horeca rue de Bruxelles et rue de Gravière. La place de Wallonie à Jambes pourra aussi être utilisée des établissements voisins. Ces coups de pouce de la Ville sont appréciés par les Horecaistes. "Je suis agréablement surpris par la rapidité avec laquelle la commune a pris des dispositions", explique Damien Baert, patron de la Cuve à Bière mais aussi de l’Antidote, rue de Bruxelles. "Je vais disposer de deux places de parking qui me permettront d’installer une dizaine de tables. Maintenant, fonctionner avec une terrasse à cet endroit-là, ce sera une première pour moi. Il faudra voir si c’est rentable mais par rapport aux restaurateurs, nous sommes moins dépendants d’une météo incertaine."

Si le Covid a eu un point positif, c’est d’avoir permis un dialogue continu et constructif entre tous les acteurs publics et privés. "On s’est fédéré, la Ville a besoin de l’Horeca", confie Frédéric Knapen, du Barnabeer. "Les commerçants ont pu se plaindre de nuisances sonores dans le passé mais ils sont maintenant nos premiers supporters. Pour que le client revienne, il doit pouvoir flâner, se poser et boire un verre." "La Police est également vue comme un partenaire, dont la présence doit nous rassurer et faire en sorte que la reprise se déroule bien.", ajoute Simon De Fays, des Poules à Lier. La campagne "A notre santé" est d’ailleurs relancée. Plus de 300.000 sous-verres, des affiches et des flyers rappelleront les règles en vigueur. "Il faut que tout le monde joue le jeu pour que le secteur ouvre rapidement totalement" ajoute Damien Baert. "On a toujours une épée de Damoclès au-dessus de la tête, on a vu comment cela s’est passé pour les coiffeurs. Or, on a besoin de nouveau de se projeter, d’avoir une vue à long terme, comme nos employés d’ailleurs. Maintenant, il va falloir retrouver le rythme. Ce démarrage en douceur, physiquement, ce n’est pas plus mal", conclut-il en souriant.

Grégory Piérard