Le secteur Horeca a clamé sa mauvaise humeur ce vendredi un peu partout en Wallonie. À Namur, dans un parfait respect des mesures sanitaires, Damien Baert et ses collègues du secteur Horeca ont voulu montrer qu’ils sont toujours là et qu’ils veulent travailler. Et revendiquent notamment qu’on leur démontre de façon probante, sur base scientifique, que leur secteur peut être source de contaminations. Ils n’y croient pas, arguant du fait que toutes les mesures ont été prises dans leurs établissements.

En attendant, ils souffrent. Comme Amandine, serveuse au Café des Sports à Éghezée, aujourd’hui sans emploi. Elle est venue manifester par solidarité avec son patron. Pour elle, c’est la galère : "J’ai dû quitter mon appartement, je ne pouvais plus le payer. À cause de cette crise, je dois vivre en couple (rires) ". Mais, dit-elle, elle est heureuse de constater que des clients l’appellent pour prendre des nouvelles, la réconforter. Elle attend évidemment la réouverture du café mais se montre un peu inquiète : "Quand on a rouvert après le premier confinement, certains clients ne sont pas revenus, ils restaient malgré tout inquiets. Mais j’espère que tout ça va se régler rapidement, que tout redeviendra comme avant ".

François, patron du bar à bières Le Chapitre près de la place Saint-Aubain, est heureux de retrouver ses collègues. "Ça fait du bien. C’est mieux que de rester chacun dans son coin. J’espère qu’on va réveiller l’opinion publique ", nous lance l’homme qui estime aussi qu’on fait porter le chapeau de la crise à son secteur. "Après avoir rouvert, on n’a pas constaté de contaminations parmi nos habitués... "

Pour lui, "notre moteur, c’est notre métier, on veut seulement pouvoir travailler " ! Mais il pense aussi aux nombreux clients du secteur Horeca qui ont besoin d’un tissu social.

Un peu à l’écart, Henry (prénom d’emprunt) observe la manif. "Je suis étudiant. Je travaillais quelques heures par semaine pour payer mes études, mais je n’étais pas déclaré. Aujourd’hui, je n’ai plus rien du tout comme rentrées. Au lieu de travailler, je suis obligé de faire la manche chaque jour… "