Namur Le refuge perwézien Sans Collier demande à la bourgmestre d'intervenir car la situation devient très inquiétante à leurs yeux.


Cela fait plusieurs semaines que la situation perdure et les membres des refuges Sans Collier et La Chaîne Bleue Mondiale en ont marre. Cette situation, c'est celle de plusieurs chiens, trois en l'occurence, qui vivent 24h/24 attachés à de vieilles chaînes rouillées et qui restent dans leurs excréments à longueur de journée. "Le premier constat qui a été posé par nos services date de la mi-novembre, déplore Sébastien De Jonge, le directeur de Sans Collier. Les animaux se trouvent sur un terrain vague et le propriétaire n'habite d'ailleurs pas là. Il vient de temps en temps pour leur donner de l'eau et à manger mais leur situation est inquiétante. Lors de notre première visite, on a trouvé un chien qui était en train de s'étrangler car il voulait passer au-dessus de la clôture. De plus, il faut savoir qu'il est interdit de maintenir des chiens attachés 24h/24."

Mais cette première visite n'a malheureusement pas été la dernière. En près de deux mois, les refuges sont intervenus une quinzaine de fois! "Lors de notre première visite, on a constaté qu'il y avait trois chiens et quand on est revenu, il y en avait toujours trois mais il n'en restait qu'un de notre premier passage. On soupconne qu'il y a quelque chose de plus gros derrière lié à de la vente ou même un trafic."

Mais au-delà de la situation alarmante de ces animaux, ce qui pose problème aux refuges, c'est le manque de réactivité de la part des autorités. "Ce qui nous a déjà semblé bizarre, c'est que la police a prévenu le propriétaire de leur passage. Nous avons été interpellés car il y avait suffisament d'éléments pour pouvoir parler de négligence, continue Sébastien De Jonge. Ce qui a été fait: donner un délai au propriétaire pour se mettre en ordre. Un délai... qui court toujours aujourd'hui. Dans un premier temps, nous avons accepté ce délai car il y a eu un changement de majorité dans la commune avec une nouvelle bourgmestre mais à présent, il est temps de réagir. Cette situation ne peut plus durer car ces animaux sont mal en point. Quand on voit un chien qui creuse un trou dans la terre pour se réchauffer, il y a de quoi se poser des questions. Surtout en cette période où l'on annonce des grands froids. Ce que nous aimerions, c'est un peu plus de fermeté de la bourgmestre, qu'elle ordonne une saisie afin de sortir ces chiens de cette situation. On n'arrive pas à comprendre pourquoi il faut attendre six semaines alors qu'on lui a même proposé de le faire à nos frais!"

"Je peux demander une saisie mais je ne suis pas obligée de le faire"


De son côté, Hélène Lebrun, la nouvelle bourgmestre d'Houyet, est bien au courant de la nouvelle législation qui est entrée en vigueur le 1er janvier. "Il est vrai que le nouveau code du bien-être animal premet aux bourgmestres d'ordonner une saisie quand on constate des maltraitances et j'en suis bien consciente, explique-t-elle. Dans ce cas-ci, il faut savoir que c'est un dossier qui existe depuis quelques semaines, qui a été géré par mon prédécesseur, et que j'ai dû reprendre. Il m'a donc fallu un peu de temps pour me plonger dedans et prendre connaissances de tous les éléments." Et visiblement, la nouvelle bourgmestre n'entend pas se précipiter. "Effectivement, je peux ordonner une saisie mais je ne suis pas obligée de le faire. Dans ce cas précis, les chiens sont attachés mais ils ne présentent pas de maigreur et ne semblent pas être mal en point. Je conçois bien qu'être dehors par ce temps est loin d'être idéal pour les animaux, et je suis aussi sensible à la cause animale, mais il faut respecter certaines choses."

Comme laisser le temps au propriétaire de se mettre en ordre. "C'est ce qui a été demandé par le bien-être animal et d'ailleurs, il y a un avis d'avertissement qui est en cours. Prochainement, il est prévu de nous rendre à nouveau sur place avec un vétérinaire agréé afin de faire le point sur la situation et s'il y a urgence, bien évidemment que je n'hésiterai pas à intervenir et à prendre mes responsabilités", conclut Hélène Lebrun. Cette nouvelle inspection est prévue le 15 janvier.