A 18h30 heure belge, les premiers rotifères du projet de recherche RISE s’envoleront depuis le Kennedy Space Center à bord d’une nouvelle mission spatiale

Les premiers rotifères du projet de recherche RISE (Rotifer in SpacE), mené par l'Université de Namur (UNamur) et le Centre d'étude de l'énergie nucléaire (SCK-CEN), s'envoleront mercredi à destination de la Station spatiale internationale (ISS). Leur décollage du Kennedy Space Center en Floride, prévu à 18h30 heure belge, pourra être suivi en direct sur la chaîne YouTube de la NASA jusqu'à 20h. Les rotifères sont des animaux microscopiques dotés d'une radiorésistance considérable. Quelques milliers seront envoyés dans l'espace mercredi. Ils séjourneront durant quinze jours dans l'incubateur ESA Kubik, à près de 400 kilomètres au-dessus de la terre.

"Simultanément, les clones de ces rotifères de l'espace resteront sur terre", a expliqué l'UNamur. "Les mêmes manipulations scientifiques seront exécutées sur terre et dans l'ISS. L'objectif de ce projet est d'étudier l'impact d'un environnement spatial sur l'expression génomique du rotifère, exposé à la microgravité et au rayonnement cosmique."

"Les résultats de cette recherche pourraient permettre d'améliorer la résistance des astronautes aux radiations cosmiques, ainsi que la protection des professionnels exposés aux radiations. Nous espérons aussi pouvoir réduire les effets négatifs des thérapies par radiations chez les patients atteints d'un cancer", a ajouté l'université.

Deux autres séjours spatiaux des rotifères sont programmés en 2020 et 2023.

© UNamur

Un rotifère est un petit animal invertébré mesurant moins d’un millimètre de long, que l’on trouve dans la mousse du jardin ou dans le lichen. Cet être vivant est incroyable. à l’heure actuelle, les chercheurs ont découvert que les populations sont composées uniquement de femelles et qu’elles sont capables de se reproduire sans l’intervention d’un mâle. Ce n’est pas leur seule caractéristique. Les rotifères survivent en l’absence d’eau, à des températures très froides ou très chaudes, ou encore à de hautes doses de radiation.

Afin de mieux comprendre quelles sont leurs limites, le Laboratoire d’Écologie et Génétique Évolutive (LEGE) et le Laboratoire d’Analyse par Réaction Nucléaire (LARN) de l’UNamur, en collaboration avec le Centre d’Étude de l’Énergie Nucléaire (CEN) et l’European Space Agency (ESA), ont créé un projet inédit : envoyer des rotifères dans l’espace pour étudier leur résistance dans des conditions extrêmes!

La mission sera relatée au quotidien par l'équipe scientifique sur www.rotifer-in-space.com et les réseaux sociaux.

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