De la drogue a circulé en quantités, entre 2017 et 2019, au sein de la prison d’Andenne. Onze personnes, des détenus, des visiteurs et des gardiens de prison, ont comparu devant le tribunal correctionnel de Namur en octobre et novembre derniers pour trafic et détention de stupéfiants. Ce vendredi matin, quatre d’entre eux ont été acquittés. Contre les sept autres, diverses peines ont été prononcées : deux ans ferme, deux ans avec sursis simple, deux ans avec sursis probatoire, neuf mois ferme, une peine de travail de 120h et deux suspensions probatoires.

Ce sont des dénonciations qui ont amené la police à se pencher sur ce trafic de cocaïne, de cannabis et d’héroïne qui a eu lieu au sein de l’établissement pénitentiaire, et particulièrement de l’aile 3C. "La drogue y circulait par brouettes", confiait une source proche du dossier.

Le parquet de Namur, lui, fustigeait l’attitude de la direction, qui constatait les saisies de drogue et la présence de celle-ci dans les couloirs de la prison mais n’agissait pas. De l’enquête menée, il ressort que l’une des gardiennes de la prison était en couple avec un détenu. Celui-ci tirait les ficelles de ce trafic. Il demandait à sa compagne de se procurer de la drogue, mais aussi des GSM et des cartes SIM et de les faire entrer à l’intérieur de la prison par l’intermédiaire d’autres gardiens qui dissimulaient la drogue dans des paquets de cigarettes, mais aussi via des personnes en visite à la prison. Plusieurs gardiens auraient aussi consommé de la drogue dans l’enceinte de la prison, parfois en compagnie de détenus.