Vous avez peut-être déjà été séduit par le packaging charmant des boîtes d'oeufs de la "Ferme Pessleux" de Fosses-la-Ville dans votre supermarché. "Tchak, la revue paysanne et citoyenne qui tranche", révèle aujourd'hui, dans un sujet qui est au sommaire de son numéro deux, à paraître le 6 juillet, qu'il s'agit en fait d'une supercherie qui dure depuis une dizaine d'années !

L’Inspection Economique, vient de mettre fin à ce marketing trompeur, considérant l'étiquette comme mensongère, rapportent nos confrères. Les établissements Pessleux sont davantage un grossiste plutôt qu'une ferme typique nichée dans la campagne wallonne. L'inspection économique lui a donc demandé de changer son appellation commerciale pour "Frédéric Pessleux", plutôt que "Ferme Pessleux".

Une affirmation qui étonne Christophe Pessleux, patron de la société : “Nous n’avons jamais été contactés par le SPF Économie. Je ne veux pas entrer dans un débat mais je ne comprends pas ce que veut Tchak. C’est leur deuxième parution si je ne m’abuse, ils tentent peut-être de se faire connaître”. Mais la société a quand même changé le packaging de ses produits. “Oui, on a changé mais il y a un an déjà, en concertation avec d’autres producteurs. On a repris le nom de Philippe Pessleux, celui de mon grand-père qui était cultivateur”.

Tempête dans un verre d’eau ? C’est apparemment ce que veut faire croire le grossiste en produits de ferme. “On n’a rien fait de mal jusqu’à preuve du contraire. Si on devait faire un procès à tous ceux qui ont créé des marques…. Comme si la confiture Bonne Maman était faite par une grand-mère ! On n’a jamais tenté de faire croire qu’on vendait des œufs de ferme parce que nous n’avons pas d’industrie à nous”.

L’APAQ-W indignée

Les établissements Pessleux ont 13 000 articles en référence, qu’ils vendent en grande surface mais également en direct à des restaurants, des boucheries ou des boulangeries. Christophe Pessleux insiste encore : “On n’a jamais dit qu’on vendait des œufs de ferme. Il y a plein de petits producteurs qui sont heureux de travailler avec nous car ils arrivent à écouler tout leur stock en une seule fois, ils ne doivent pas se battre pour vendre leur production. C’est un peu fort de café : tout le monde veut consommer local mais personne ne veut payer plus cher, personne ne veut aller chercher sa viande à la boucherie ou son pain chez le boulanger”.

L’agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de qualité (APAQ-W) qui soutient les établissements Pessleux sur son site web n’était pas au courant de l’intervention du SPF Économie. Sa porte-parole Vanessa Poncelet se dit indignée d’une telle situation. Selon elle, les faits vont être vérifiés et l’APAQ-W n’hésitera pas à utiliser toutes les armes juridiques si ses principes de fonctionnement n’ont pas été respectés.