La cour d’assises de Namur a poursuivi mardi le procès de Luc Nem, 40 ans, qui doit répondre du meurtre de sa compagne, Marielle Tournay, commis à Assesse le 28 novembre 2019.

Le premier infirmier urgentiste présent sur place suite à l’appel de Luc Nem passé au 101 à 3h48, annonçant qu’il avait tué sa compagne, déclare : « La dame était couchée au sol, nous n’avons pas fait de réanimation, elle était déjà froide. Sa face était fort marquée, remplie ecchymoses. Luc Nem était fort agité, il est devenu agressif quand le médecin lui a annoncé le décès. Il a continué à boire de la vodka quand la police est arrivée. Il n’a pas obtempéré quand on lui a demandé d’arrêter, il a été mis au sol et menotté. » Quand le médecin a demandé à la mère de Nem, présente durant toute la nuit, pourquoi elle n’avait pas appelé les secours plus tôt, celle-ci a déclaré qu’elle pensait que Marielle Tournay dormait.

La fille de Marielle Tournay et de son précédent compagnon, âgée aujourd’hui de 16 ans, a ensuite été entendue. « Ma mère était très courageuse avant d’être avec Luc Nem. Je ne l’ai jamais senti, je l’ai toujours senti faux-cul. Il s’est tout de suite montré ivre devant moi. Je l’ai déjà vu se battre, cela m’a traumatisée. Il me disait qu’il me détestait, qu’il était jaloux de la relation que j’avais avec ma mère car nous étions fusionnelles. Il lui est déjà arrivé de me courir après car je lui faisais des réflexions sur sa consommation d’alcool. Je n’ai jamais eu d’affection pour lui. »

Au sujet de la relation entre Nem et sa maman, celle-ci déclare : « Il buvait de trop et ne se rendait pas compte de ce qu’il disait. Ils se sont mis à boire de plus en plus. Elle disait qu’elle l’aimait mais je pense qu’elle était sous son emprise. Il voulait qu’elle soit seule, il le disait. Avant lui, elle était coquette, mais il lui demandait de ne pas se maquiller, que cela faisait d’elle une pute. Il lui a demandé de faire un bypass car il la trouvait trop grosse et que sans cela, il allait la quitter. Il était très nerveux et il lui arrivait parfois de casser des portes et des fenêtres chez ma mère. Tous les jours après le café, elle devait aller lui chercher à boire, cela a notamment expliqué ses problèmes financiers, il n’y a pas un jour où ils ne buvaient pas. J’ai peu à peu réduit mes contacts avec ma mère sur les conseils de ma psychologue car j’avais du mal à la voir comme cela. Il l’insultait, la traitait de salope, de pute. Il lui est déjà arrivé de fumer un joint devant moi. »

Me Sine, conseil de Luc Nem, a enfin confirmé à la cour que son client ne contesterait pas la prévention de meurtre ni l’intention homicide dans le cadre du dossier.