Le lundi 31 mai, le Ministre fédéral de la Mobilité Georges Gilkinet et le CEO d’Infrabel Benoît Gilson ont inauguré une fresque monumentale de 50 mètres de long sur 3 mètres de hauteur aux abords de la gare de Namur. Le dessin représente un crocodile géant et appelle à la protection de la faune et de la flore. L’œuvre réalisée par les artistes du Créham, une asbl qui travaille à l’insertion des personnes en situation de handicap, est en partie visible depuis le chemin de fer. Un projet qui a nécessité plus de 100 heures de travail. "C’est la première fois que ces artistes travaillent sur une œuvre monumentale, je suis vraiment fier d’eux", explique Patrick Marczewski, animateur en arts plastiques. "Lorsqu’Infrabel nous a passé cette commande, nous avons dû nous demander si c’était réalisable. Il a fallu faire toute une série d’esquisses et qu’elles soient acceptées. Nous avons contacté l’artiste peintre muraliste Pso Man, spécialisé dans les dessins animaliers."

Le Liégeois a alors pris toute l’équipe en main pour une préparation de deux mois. "Nous avons fait des recherches de couleurs", confie-t-il. "On a utilisé des murs légaux pour se tester. Il était important que les sept artistes en herbe apprennent à travailler ensemble et j’ai été agréablement surpris de la cohésion. Ils n’avaient pas l’habitude de bosser debout mais ils ont pu enchaîner des journées de quatre heures. La collaboration a été harmonieuse mais cela n’a pas empêché chacun d’apporter sa touche personnelle et la créativité qui lui est propre."

Une œuvre qui réjouit pleinement Cécile Schumacher, directrice du Créham. "C’était un sacré défi, tant la taille du mur est impressionnante", déclare-t-elle. "Nos animateurs ont l’habitude d’accompagner le cheminement artistique des participants, tant par l’écoute et le respect de leur personnalité et de leur inventivité que par l’apprentissage de techniques rigoureuses mais ici, il a aussi fallu apprivoiser le graphisme. Le projet artistique est le fondement du Créahm. La vie, dans ses aspects culturel et émotionnel, en est le cœur. Lorsqu’on valorise l’art chez les personnes porteuses de handicap, on peut aboutir à des réussites pareilles."

Grégory Piérard