Namur "Elle n’avait pas le choix et n’avait pas les capacités de gestion."

Magali est accusée d’avoir puisé dans les actifs de la sprl MCCB, aujourd’hui en faillite, pour payer des travailleuses au noir. Le parquet de Namur réclame une peine de travail de 200 heures, une interdiction professionnelle de 5 ans et 500 euros d’amende pour la tenancière de la maison de débauche et une peine de travail de 170 heures et 200 euros d’amende pour sa soeur, qui l’avait aidée pendant sa grossesse difficile.

Me Bayer aborde le cas de sa cliente et demande son acquittement : "Elle est devenue travailleuse du sexe à sa majorité. Elle a commencé à exercer en janvier 2013 et puis a été bombardée à la tête de la SPRL en en devenant la gérante. C’était un oiseau pour le chat. Beaucoup de vautours et de profiteurs ont commencé à graviter autour d’elle. Elle donnait des enveloppes à la propriétaire mais aussi à ceux qui constituaient son personnel de sécurité. Elle n’avait pas le choix et n’avait pas les capacités de gestion. Elle ne s’est pas enrichie, elle payait ce qu’il fallait pour la protection maffieuse de son établissement. Après sa faillite, elle a recommencé à travailler dans la prostitution, pour le compte de quelqu’un d’autre."

La prévenue est aujourd’hui employée administrative. Afin de ne pas compromettre sa réinsertion dans le circuit professionnel classique, son avocat demande à la juge Cadelli de ne pas faire droit à la demande de confiscation de 150.000 euros demandée pour rembourser la créance de la société.

En fin d’audience, Magali explique : "Nous étions 8 enfants, notre père est mort et nous avons été placés. J’ai pris la gérance du bar pour ne plus devoir me prostituer, pour avoir une vie de famille. Ma soeur m’a aidé à l’occasion en faisant le ménage."

Jugement le 4 septembre

JVE