L’ancien bourgmestre de Houffalize s’interroge à propos de la légalité de la procédure

Le patron des montres Ice-Watch a effectivement fait enregistrer la marque Lutgen. L’information, révélée par les journalistes sur le plateau de Jeudi en prime, a été confirmée sur le site Web de la RTBF.

"Jean-Pierre Lutgen a enregistré son propre nom de famille Lutgen auprès de l’Office Benelux de la propriété intellectuelle, y précise-t-on. Le patron des montres Ice-Watch a entrepris cette démarche dans le but, nous dit-il, de ‘protéger’ celui-ci au niveau européen contre toute violation ou exploitation commerciale abusive. L’enregistrement s’est fait fin 2013 au travers de son groupe ICE IP basé à Luxembourg."

Contacté par nos soins, le bourgmestre Benoît Lutgen a souligné qu’il ne souhaitait pas réagir au sujet du dépôt de la marque Lutgen. Pas de commentaire non plus du côté de leur père, Guy Lutgen, ni de leur sœur Françoise.

Par contre la famille Lutgen de Houffalize s’est montrée plus loquace. "J’ai été surpris par la démarche", a résumé l’ancien bourgmestre José Lutgen, un parent éloigné. "Personnellement, je n’y suis pas opposé, mais je m’interroge sur la légalité de la procédure. Cette famille, originaire du Grand-Duché de Luxembourg, a émigré dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis. Quelqu’un peut-il ainsi confisquer, à des fins commerciales, un patronyme qui appartient à une vaste communauté ?"

Le fils de l’ancien bourgmestre, opticien à Houffalize, souligne qu’il n’a jamais pensé à déposer son nom comme marque de lunettes. "Je suis moi aussi un peu surpris que l’on puisse empêcher tous les Lutgen de développer leurs propres projets à leur nom. Que se passera-t-il si je veux appeler mon magasin Optique Lutgen ? Vais-je devoir payer le patron des montres Ice-Watch ?", s’interroge Michel Lutgen.

Reste que José et Michel s’accordent sur un point : dans la famille la success story de Jean-Pierre suscite l’admiration. "Nous sommes fiers de sa réussite. Il a le sens des affaires et des idées géniales sur le plan commercial", conclut José Lutgen.

"Ces enregistrements datent de 2013 et n’ont aucune conséquence pour ceux qui s’appellent Lutgen et qui voudraient de bonne foi avoir les mêmes activités", précise Jean-Pierre Lutgen. "Les marques Collin, Reynders, Mathot existent et ne posent pas de problèmes. Ces enregistrements n’ont rien à voir avec des activités de mandats politiques. Tout cela n’est rien d’autre qu’une opération de déstabilisation."