Namur L’entreprise d’économie sociale est en plein essor.

Si la Ressourcerie namuroise, qui a développé un projet d’économie sociale sur base du réemploi des déchets de la catégorie encombrants, est trop à l’étroit sur son actuel site de Saint-Servais ? Deux chiffres donnent l’ampleur du problème.

En 2007, l’année de sa création, elle a traité 530 tonnes de déchets récoltés. En 2018, elle en était à 3 721 tonnes. Si l’endroit ne permet pas de faire plus, l’objectif de l’entreprise est bien de grimper à 5 000 tonnes dans les prochaines années. Des tonnes de vieux meubles, d’objets d’aménagement intérieur, de bois, à l’occasion des vélos ou des appareils électroménagers auxquels la Ressourcerie namuroise offre une seconde vie en mettant au travail une cinquantaine de personnes, toutes d’anciens allocataires des CPAS d’une des communes de la province namuroise.

Ce mardi donc, le Bep (Bureau économique de la Province, propriétaire à 50 % de la Ressourcerie, les autres détenteurs étant le CPAS de Namur à 25 % et le CPAS d’Andenne à 25 %) organisait une visite des futurs locaux. Pour l’heure, il ne s’agit encore que d’un vaste hangar industriel laissé vacant par l’entreprise Van Hoebrock dans le zoning de Rhisnes (Ecolys) : une parcelle de 22,380 m2 dont 4 000 m2 d’entrepôts et 540 m2 de bureaux.

" C’est un investissement de l’ordre de 5 millions d’euros, soit 2,4 millions pour l’acquisition du bâtiment et le reste pour la reconversion et l’aménagement" , commente Renaud Degueldre, le directeur général du Bep. C’est-à-dire moins cher que l’option d’un nouveau bâtiment envisagée. " Et puis, c’est du réemploi. "

Sur le plan énergétique , le projet vise à être quasiment neutre, ce qui est une performance avec de l’outillage industriel. " La bonne nouvelle pour nous, c’est que toute la toiture du hangar est tapissée de panneaux solaires ", explique Marc Detraux, le directeur de la Ressourcerie. Les travaux devraient débuter cet été et se terminer à l’été 2020. De quoi voir l’avenir sereinement pour l’entreprise d’économie sociale. En plus des trois Ravik Boutik existantes (deux à Namur, une à Andenne), trois autres vont s’ouvrir. Une à Florennes, une en Basse-Sambre et une du côté de Dinant-Ciney. Car la Ressourcerie veut à la fois proposer des meubles totalement refaits et pas chers, mais aussi du mobilier créé sur place par des designers avec des matériaux de récupération. Le chanteur Saule, par exemple, leur a acheté une guitare fabriquée à Namur.

L.S.