La zone partagée (le périmètre du centre ville limité à 20 km/h où les piétons ont la priorité partout, marquée à renforts de bacs de fleurs notamment) fait encore régulièrement pester les automobilistes. Ils ne manquent pas de s'en plaindre sur les réseaux sociaux. Mais cette zone partagée initiée mi-mai ne présente-t-elle pour autant que des inconvénients? L’expérience est-elle positive ou négative dans sa globalité et selon les usages de chacun? La ville de Namur propose une première réponse après trois mois.

Ces aménagements temporaires devaient faire l'objet d'une évaluation. Celle-ci se déroule actuellement via deux comités, un regroupant les usagers de l’espace public et un plus technique. "Globalement, c'est une évaluation positive avec un apaisement de la mobilité et une diminution de la vitesse. Les rues aménagées offrent un confort clair aux usagers qu’ils soient piétons et cyclistes. Dans les autres rues un aménagement complémentaire est nécessaire", rapporte Stéphanie Scailquin, échevine en charge de la mobilité.

Comment arrive-t-on à cette première conclusion? Des analyseurs de vitesse ont été placés à différents endroits: des radars préventifs couplés aux radars de prise de vitesse et d'autres radars simples. "L'intérêt de ces radars préventifs avec leurs smileys est l’effet immédiat sur la conduite. Dans les rues qui ont fait l'objet d'aménagements, un résultat est indiscutable : elles sont plus apaisées. (rues du Pont, E.Cuvelier, de Fer, Saint-Jacques et avenue de Pairelle). Dans les autres rues, sans aménagement spécifique et qui en plus présentent un profil plus rectiligne, les vitesses sont sensiblement au-dessus de la limite autorisée (rues de Bruxelles, Godefroid, Pépin et boulevard Frère Orban)", met en exergue l'échevine.

Cette première réponse tient aussi compte de différents éléments.Outre les vitesses, les autres indicateurs d'évaluation de la zone sont les temps de parcours, les observations des comportements piétons et la qualité de l’air.

Lors de ces observations, on constate que les cheminements demeurent le plus souvent sur les trottoirs et aux emplacements des anciennes traversées piétonnes. Pour l’échevine, plusieurs raisons expliquent ces comportements. L'habitude, l'emplacement logique des traversées, les emplacements de stationnement qui ménagent des trouées et donc des dégagements qui permettent une meilleure visibilité ou encore le marquage, qui bien que peint en noir, reste visible.

L'analyse de la ville ne fait pas état d'un sentiment de sécurité ressenti par certains sur les (anciens) passages pour piétons au contraire du sentiment d'insécurité qui peut naître de la présence de piétons sur l'espace précédemment dévolu aux véhicules à roues. Les rôles et obligations de chacun ne sont pas forcément bien compris par tous. La communication à ce sujet sera renforcée par des flyers dans les écoles, des panneaux dès l’entrée dans la zone et une campagne sur les réseaux sociaux, annonce la ville.

A ce stade, le Collège communal se dit satisfait de l’expérience. Dans une démarche d’évaluation continue, les stewards de GAU iront à la rencontre des usagers (commerçants, riverains, cyclistes, piétons...) pour une enquête de satisfaction de cette zone partagée provisoire qui est prolongée jusqu’à la fin août 2021.