Plus que jamais, la marche est à l’honneur à Namur. Alors que l’Enjambée est presque terminée, que la zone partagée est installée et que le piétonnier est en pleine réflexion, l’heure est à l’invitation à se déplacer à pied.

"En septembre 2020, la Ville de Namur recevait le prix de la Basket d’Or décerné par l’Asbl Tous à pied pour l’Enjambée", explique l’Échevine de la Mobilité Stéphanie Scailquin. "Entre les différents projets wallons, c’est celui qui a été considéré comme étant le meilleur aménagement visant à améliorer le confort et la sécurité des piétons sur la voie publique. La passerelle cyclo-piétonne dédiée exclusivement aux modes actifs permet effectivement de raccourcir nettement le trajet à pied ou à vélo entre Jambes et la Corbeille, et ce en toute sécurité. Nous avons aussi reçu un prix de 2000 euros à consacrer à la promotion de la marche comme mode de déplacement."

C’est que la ville de Namur s’y prête particulièrement bien. La majorité des trajets peuvent être réalisés en moins d’un quart d’heure. Une campagne de sensibilisation a dès lors démarré et se décline en deux supports : des bâches de chantier et des cartes postales. "Elles sont distribuées grâce aux stewards de Namur Centre-Ville et sur les lieux touristiques, hôtels et chambres d’hôtes, musées, lieux culturels, commerces et lieux stratégiques. Elles sont vraiment destinées à être postées, l’idée étant d’inviter vos proches à venir marcher à Namur. Tout en respectant les consignes de sécurité, évidemment, mais aucune interdiction n’a jamais porté sur la marche à pied."

L’idée de cette carte est de faire prendre conscience aux piétons que les lieux centraux de la ville (places, quartiers ou équipements importants) ne sont pas si loin que cela. "À l’instar d’un plan de métro, elle permet en un seul coup d’œil de visualiser les temps de parcours à pied entre les pôles d’intérêt de la ville", confirme Rémy Huon, chargé de mission mobilité de l’ASBL "Tous à pied". "Il s’agit plus d’un outil de communication que d’une carte de repérage d’un itinéraire bien précis. Ceci dit, on remarque souvent que certaines personnes possèdent des lacunes dans la connaissance de leur territoire de proximité, surtout au fur et à mesure des générations vivant dans le tout à la voiture. Cela permet de remédier à ce problème en reconstruisant une carte mentale pour les piétons qu’ils n’ont pas forcément en tête par rapport à celles du réseau routier ou celui du TEC. Qui plus est, la marche favorise un contact direct avec la collectivité, permet de combattre les injustices de l’accès à la mobilité pour les personnes non motorisées et est particulièrement respectueuse de l’environnement."

La Wallonie s’est fixé un objectif pour 2030, que la part modale de la marche passe de 3 à 5 %. "Des compteurs cyclo-piétons sont sur le point d’être installés. Ils permettront d’objectiver le nombre de personnes qui marchent et sur cette base fiable d’augmenter la part des piétons dans notre ville. Cela permettra aussi de sensibiliser les autres usagers", conclut Stéphanie Scailquin.

Grégory Piérard