Les agriculteurs ont alimenté la majeure partie du débat

Plus d'une centaine de personnes étaient présentes ce lundi soir dans l'auditorium du centre d'accueil de la Plate Taille sur le site des Lacs de l'Eau d'Heure pour assister au débat entre les candidats à la présidence du MR.

A l'entame de celui-ci, seuls Georges-Louis Bouchez et Denis Ducarme étaient présents, rejoints une grosse demi-heure plus tard par Clémentine Barzin, apparemment en délicatesse avec son GPS.

Par contre, dans la salle, on remarquait un gros contingent d'agriculteurs locaux bien décidé à se faire entendre ce qui obligeait l'arbitre du débat, l'échevin walcourien Nico Preyat à quelque peu modifier son ordre du jour. C'est ainsi qu'après avoir discuté des grands enjeux de la politique actuelle et avoir demandé à chaque candidat. d'exposer pourquoi il serait un bon président pour le MR, les agriculteurs ont pris la parole. Et si on n'était pas toujours dans des termes très diplomatiques, au moins chacun a compris la détresse réelle des hommes (et des femmes) de la terre.

Plusieurs thèmes sont abordés par ces gens qui sont véritablement en détresse. "Vous laissez importer la m... en Belgique et vous empoisonnez les consommateurs, et ce sera encore pire avec l'accord de libre échange Mercosur (Le Marché commun du Sud est une communauté économique qui regroupe plusieurs pays de l'Amérique du Sud, dont l'Argentine et le Paraguay). Nos prix s'écrasent alors qu'ils augmentent pour les consommateurs. On ne sait plus payer la nourriture de notre bétail. Le prix du lait est toujours exactement le même qu'il y a 30 ou 40 ans." La litanie est longue et l'arbitre aura fort à faire pour tenter de tarir le flot des récriminations.

Clémentine Barzin qui n'a pas assisté au début de la séance reste prudente: "Les consommateurs montrent qu'ils veulent du local, il faut donc privilégier les circuits courts. Mais aussi aider les agriculteurs victimes des modifications climatiques,..."

Georges-Louis Boucher est plus incisif: "Il faut savoir ce que l'on veut. On combat l'accord de libre-échange CETA d'un côté mais d'un autre on est heureux d'exporter nos boeufs au Canada. Oui dès lors à un accord de libre-échange mais pas n'importe comment. Les normes européennes font exploser les coûts d'exploitation alors que les exploitations familiales doivent pouvoir prospérer: il faut trouver des solutions. Ne pas non plus se laisser envahir par cette pensée chère à Ecolo selon laquelle il n'y a quel végétarien qui est bon. Nous, libéraux, on doit remettre ça dans le débat. Et non à l'accord Mercosur, on n'achète pas un chat dans un sac".

Denis Ducarme dont le père, ministre de l'agriculture, lui a donné l'amour de la terre dit défendre la ruralité avec force. Pour lui, le libéralisme est là pour protéger. "L'Europe ne le fait pas assez, il faudra veiller à changer les choses. Il fait aussi donner aux agriculteurs les moyens de se défendre face à la grande distribution, notamment grâce l'étiquetage des produits et à la création de labels belges. Mais on produit trop de viande en Belgique et on en consomme de moins en moins, il faut donc trouver d'autres débouchés." Et puis, lance Ducarme, "il faut que les producteurs communiquent mieux vers l'extérieur pour mieux faire connaître leur métier, leurs attentes, leurs difficultés. Mais aussi entre eux: quand il y a une pression sur les prix, les organisations syndicales informent-elles assez leurs membres?" Enfin et surtout, à propos du Mercosur, Denis Ducarme le dit haut et fort: Il se bat en permanence contre ce projet et s’il devient président du MR, il demandera à tous les parlementaires de son parti de voter contre.