Le centre de formation de la Chaussée de Perwez à Saint-Servais est aujourd’hui le siège des formations Forem du secteur de la construction en province de Namur. Désormais, onze formations permanentes y sont désormais données, dont huit qualifiantes dédiées à des métiers en pénurie. Plus de 500 stagiaires peuvent s’y former, chaque année. Des formations ponctuelles restent néanmoins délocalisées pour permettre aux demandeurs d’emplois namurois, provenant de communes plus lointaines et pas toujours bien desservies par les transports en commun, d’y accéder.

Concrètement, plusieurs formations qui étaient jusqu’il y a peu dispensées dans d’autres centres namurois ont été rapatriées à St-Servais : chef de chantier, couvreur, installateur électricien résidentiel, maçon, peintre décorateur, auxiliaire de ménage, technicien de surface, contrôle sécurité-santé-environnement et performance énergétique des bâtiments.

Parallèlement à cela, le centre de formation saint-servaitois a été agrandi. Une partie des travaux a été réalisée par des stagiaires de différentes filières. Il est passé de 1.500m² à 3.000m². Une superficie doublée qui a permis au Forem d’enrichir son offre de trois nouvelles formations : isoleur, chef de chantier et "package sécurité du bâtiment". Une journée portes ouvertes aura lieu le 21 avril afin de faire découvrir au public namurois les opportunités dans ce secteur en manque de main-d’œuvre qualifiée.

Pas de solution miracle

Dans la majorité des cas, ces formations permettent au stagiaire de trouver de l’emploi dès la fin de son cursus. Pourtant, ces métiers sont toujours en pénurie. "Des choses ont été essayées et n’ont pas fonctionné", reconnaît la ministre wallonne de l’Emploi, Christie Moréale. "Il n’y a pas de solution magique pour ces métiers en pénurie. C’est une problématique qui touche toute l’Europe. Mais nous avons d’autres leviers à actionner. Nous avons demandé au Forem d’ouvrir 1.000 places supplémentaires dans le secteur de la construction, ce qui a été fait. Des discussions ont été menées pour que les stagiaires qui suivent une formation de métier en pénurie puissent toucher une prime de 2.000€ à l’issue de la formation. Et nous allons bientôt lancer une grande campagne de communication", termine la ministre.

La Province de Namur bien lotie

Selon l’administratrice générale du Forem, Marie-Christine Vanbockestal, le taux de demandeurs d’emploi est en décrue depuis 14 mois. C’est en tout cas ce que tendent à montrer les derniers chiffres. Mais 197.000 personnes sont néanmoins encore sans emploi, en Wallonie. À ce petit jeu, la Province de Namur sort légèrement du lot, avec "seulement" 25.000 demandeurs d’emploi. "Soit un taux de 11,1 % alors que sur l’ensemble de la Wallonie, il est de 12,5 %", précise l’administratrice générale.

Environ un tiers (35 %) des 76.000 offres d’emploi disponibles sur le site internet du Forem concerne des fonctions critiques et des métiers en pénurie, dont le secteur de la construction fait partie. Celui-ci reste évidemment un des plus grands pourvoyeurs d’emplois en Wallonie. Ainsi, depuis le 1er janvier 2022, 8.000 offres d’emploi ont été diffusées le site internet du Forem. Dont 450 en province de Namur.