En juillet dernier, le gouvernement wallon décidait de confier progressivement aux Provinces jusqu’à 60 % du financement des zones de secours à l’échéance 2024. Pas de quoi ravir ces dernières qui, sans vraiment contester la décision, commandaient une étude au CIRIEC (Centre International de Recherches et d’Information sur l’Économie Publique, Sociale et Coopérative) afin de réaliser, de la manière la plus transparente possible, un diagnostic de leur situation financière.

Celui-ci est aujourd’hui connu et le CIRIEC pointe trois constats : la réforme voulue par le gouvernement de Wallonie porte atteinte à la répartition des compétences matérielles (l’organisation et le financement des zones de secours sont une compétence exclusivement fédérale), elle est illégale parce qu’elle porte atteinte au financement général des Provinces et elle est inconstitutionnelle en ce qu’elle viole l’autonomie provinciale.

"Vis-à-vis de la Région, des responsables des zones de secours et des municipalistes, cette étude du CIRIEC nous donne du poids scientifique pour non pas contester l’intention de faire participer les Provinces à la problématique de la sécurité civile mais bien contester la méthode et la définition d’un objectif et la taille de cet objectif sans limite" réagit le député-président du collège provincial namurois Jean-Marc Van Espen (MR) qui a rencontré le ministre Collignon il y a peu à ce sujet. Pour Van Espen, les provinces sont maintenant en position de force pour négocier, débattre de la réforme voulue. Les provinces veulent maintenant des engagements concrets du gouvernement de Wallonie. Dont la fixation, de manière définitive, des montants à engager pour le financement des zones de secours et non plus des pourcentages qui font que les dépenses ne peuvent être établies à l’avance. "On veut des chiffres concrets. Des pourcentages ne permettent pas d’établir un plan financier à long terme", conclut le Namurois.

LEF