L’arnaque semble énorme, et pourtant, elle a bien failli fonctionner. Les initiés l’appellent "l’arnaque wash wash", ou "l’arnaque aux billets noirs".

Les faits se sont déroulés entre avril et octobre 2018. Une prévenue dont le propriétaire sambrevillois était intéressé par des investissements a transmis les coordonnées de celui-ci à l’instigateur de l’arnaque ("Je ne savais pas que c’était pour une escroquerie, j’ai juste transmis des coordonnées", confiera-t-elle au tribunal). Ce dernier, à l’apparence irréprochable et au bagou convainquant, est parvenu à persuader sa victime que son père était un homme politique africain qui avait détourné 50 millions d’euros et qu’il avait pour mission d’en blanchir 10 millions. Ces billets devaient être teints en noir pour être indétectables et passer la frontière franco-belge. Une fois en Belgique, un produit miraculeux provenant d’Afrique, que la victime devait acquérir pour la somme de 250.000 euros, devait redonner à l’argent son apparence initiale. L’argent en question n’existait pas, il ne s’agissait que de faux billets noircis dans une valise. L’arnaque a heureusement été débusquée et la police y a mis fin en interpellant les suspects dans les environs de la gare de Namur.

Pour le substitut Seminara, les 4 prévenus étaient bel et bien organisés sous forme d’association de malfaiteurs. "Alors que l’une a repéré la victime et a donné ses coordonnées à l’instigateur de la tentative d’escroquerie et servait d’intermédiaire, un autre servait de chauffeur et une deuxième dame jouait le rôle de figurante en montrant comment transformer les billets. Tout était pensé."

Le tribunal a rendu son jugement ce lundi. Deux prévenus écopent de 15 et 8 mois de prison, les préventions ont été déclarées non-établies pour deux autres.