Difficile, en cette période, de faire signer un contrat de crédit en respectant les lois

Eric Wilmot est associé-gérant d’une société qui réalise notamment des prêts hypothécaires. Il doit donc rencontrer chaque jour des clients pour monter le dossier qui leur permettra d’obtenir le financement pour acquérir ou améliorer un bien.

Une profession très, très surveillée, on le comprend. Mais en cette période de confinement, le courtier ne sait plus très bien à quel saint se vouer. Surtout quand sa fédération professionnelle le prévient que “malgré le caractère exceptionnel de la situation et des difficultés que celle-ci pourrait engendrer pour les entités sous contrôle, la FSMA attend des intermédiaires et des prêteurs qu’ils continuent à se conformer scrupuleusement à l’ensemble des dispositions légales et réglementaires qui leur sont applicables”. En bref, les contrats de prêts ne peuvent être signés qu’en la présence physique de toutes les parties. Difficile pour le moment…

Et même, souligne le courtier, en cas de négociation via des systèmes de vidéoconférence, comment s’assurer de l’identité des personnes qui sont à l’écran ?

Des critères plus stricts

Pour Eric Wilmot, c’est tout un secteur d’activité, pourtant important, qui reste aujourd’hui dans le flou. Les directives précises n’arrivent pas chez ceux qui travaillent sur le terrain. Ou alors, elles ne correspondent pas vraiment à ce qui se dit dans les médias. Ainsi, par exemple, un assureur-crédit vient de signaler à ses partenaires qu’il avait revu sa politique d’octroi de couverture (une assurance qui couvre le prêteur en cas de défaillance de l’emprunteur) : “Pour le crédit à la consommation et le private-lease, toute acceptation automatique sera supprimée. […] En fonction de la situation, nous allons appliquer des critères plus stricts au niveau du reste à vivre. […] Ceci aura certainement un impact au niveau du taux d’acceptation”.

Eric Wilmot a interpellé le ministre wallon de l’économie Willy Borsus à propos de ce durcissement. Ce dernier a déjà répondu… qu’il transmettait le courrier à sa collègue du gouvernement fédéral.

À suivre…