Les commerçants de la rue des Brasseurs grincent des dents : la démolition de la crèche leur ôte de l’accessibilité au mauvais moment.

Si la rue des Brasseurs bénéficie d’un engouement public, notamment pour ses boutiques de produits de bouche et ses établissements Horeca, les commerçants n’en souffrent pas moins. La crémerie des gourmets, un des plus anciens commerces de la rue, avoue une baisse du chiffre d’affaires qui pose question. Et si l’Horeca se porte plutôt bien, la plupart des boutiques récentes, dont la qualité est vantée, peinent à voir leurs rentrées grimper.

"Cela fait deux ans qu’on a ouvert et on ne sait toujours pas se verser de salaire", avoue Sarah de Sapristi. "Notre chiffre d’affaires est stable alors qu’il devrait grimper. On se fait accompagner et on a réévalué notre plan 2020-2023 de manière moins optimiste qu’au départ."

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Si elle prend avec philosophie les travaux du téléphérique qui apporteront un plus incontestable au quartier en déficit de passage, ce n’est pas le cas de tout le monde.

"Beaucoup de nos clients bénéficient des 30 minutes gratuites pour venir faire une petite course. Puisqu’on a supprimé la moitié des places de la place Maurice Servais, ils ne viennent pas forcément. Parce que ça veut dire payer une heure de parking place d’Armes ou au-dessus du Match pour acheter 3 tranches de jambon. Je crains fort l’effet qu’aura la place Maurice Servais quand elle sera piétonne", commente Dominique Dufils.

"Le plus dommage, c’est qu’on a eu une réunion avec l’échevine du Commerce à la fin de l’été, qu’on a manifesté notre inquiétude à ce moment-là, qu’on avait bien demandé s’il était possible de ne pas commencer les travaux du téléphérique avant les fêtes car c’est un moment de l’année où on doit rester accessibles absolument. On a juste l’impression d’avoir perdu notre temps et qu’on se moque de nous", déplore Louise Bauchau de Bianca e Luisa.

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Certains se souviennent avoir entendu le bourgmestre affirmer que rien ne serait entamé place Maurice Servais tant que le parking du Grognon ne serait pas terminé. Sans doute parlait-il du réaménagement de la place et non du téléphérique…

"À quoi cela sert-il de bloquer la moitié de la place maintenant. Ils vont travailler 15 jours sur la crèche puis devoir s’arrêter pour Noël et reprendre en janvier. À quoi bon commencer maintenant ?" , est l’argument qui revient chez presque tous.