Plusieurs lieux culturels belges se joindront vendredi à l'action "Cultural Red Alert", une initiative née au Royaume-Uni et destinée à attirer l'attention sur la situation catastrophique dans laquelle se trouve le secteur culturel à la suite de la crise sanitaire provoquée par l'épidémie de coronavirus. Des centres culturels et maisons des arts de la scène (opéras, théâtres, petits lieux de diffusion...) se pareront de lumières rouges vendredi, de 21h à 23h55, une manière d'alerter qu'il est "minuit moins cinq pour le secteur culturel, qui exige l'égalité de traitement et veut retrouver sa vivacité".

"Plusieurs milliers d'artistes, de créateurs, de techniciens, de travailleurs de tous bords ont perdu leur travail", précise la Fédération des employeurs des arts de la scène (FEAS) et le Réseau des professionnels en Centres culturels (ASTRAC). "Les opérateurs font leur possible pour les soutenir, tout en essayant de poursuivre une certaine activité pour continuer à injecter une dose de culture dans la société. Mais certains seront bientôt arrivés au point où il s'agira d'éviter leur propre naufrage. Des mesures d'aides supplémentaires sont nécessaires."

Le Théâtre de Namur fait partie des acteurs belges ayant déjà annoncé leur participation à l'action "Cultural Red Alert". La fédération des employeurs des arts de la scène réclame 60 % de remplissage, et même 80 % pour les salles de moins de 200 places. Liège viet d'assouplir les normes. La ministre Bénédicte Linard a décidé de baisser la distance minimum de sécurité à un siège ou un mètre à l'intérieur qu'à l'extérieur: "Mais même ça, ce c'est insuffisant pour nous", estime Patrick Colpé, directeur du théâtre de Namur.

De son côté, le théâtre Jardin Passion est en train de revoir complètement l'aménagement de la salle en mode cabaret, ce qui lui permettra de perdre moins de places, mais la situation reste critique.