Les artistes et techniciens d'Esperanzah! se sont produits samedi derrière des enclos pour dénoncer ce qu'ils dénoncent comme une absurdité : être privés de spectateurs alors que les parcs animaliers peuvent accueillir des visiteurs. La manifestation organisée samedi après-midi à l'abbaye de Floreffe (province de Namur), où se tient traditionnellement le festival des musiques du monde Esperanzah!, s'intitulait "Zah!".

"Notre porte d'entrée, c'est un paradoxe que nous avons mis en évidence. Les parcs zoologiques peuvent ouvrir, mais la culture reste fermée. Nous avons créé un parc artistique pour espèces en voie de disparition, qui présente non pas des spectacles car il s'agit d'une action politique, mais des spécimens en pleine action, tels que des artistes, musiciens, chanteurs de régisseurs...", a expliqué Jean-Yves Laffineur, programmateur d'Esperanzah!.

Cent personnes ont reçu leur sésame pour ce parc parodique. "Nous avons reçu mille demandes. Nous avons réparti les cent personnes en plusieurs groupes afin de pouvoir observer les gestes sanitaires", a précisé M. Laffineur qui entend montrer que les programmateurs culturels sont responsables.

Pour l'instant, l'organisation espère pouvoir tenir le festival Esperanzah! à sa capacité maximale. "Nous ne travaillons pas sur un plan B, mais nous saurons faire preuve de résilience et faire une autre proposition si les mesures sanitaires ne permettent pas au festival de se tenir comme d'habitude cet été", a-t-il conclu.