Nanou est photographe et propose, outre divers petits accessoires, l'impression de photos sur papier. Plusieurs commerces voisins, avenue Materne sur l'axe commerçant de Jambes, sont fermés mais elle, depuis ce samedi matin, reçoit ses clients sur rendez-vous. " On ne nous considère pas comme un commerce essentiel pourtant on doit aussi pouvoir fournir des photos d'identité pour des documents officiels. Et puis compléter son album de photos c'est au moins aussi plaisant que bricoler dans un coin de sa maison", sourit la commerçante. " Au moins cette fois-ci, on peut rester ouverts par rapport aux fois précédentes, c'est un beau soulagement. Mais certaines mesures sont ridicules. On peut voir des files de cinquante personnes devant une boulangerie mais qu'un petit commerce comme le mien qui ne peut accueillir qu'une personne à la fois ne puisse pas garder ses portes ouvertes tout le temps, je trouve ça révoltant."

Les clients prennent donc rendez-vous avant de se rendre à la boutique de Nanou. " Ils me contactent par téléphone, Facebook, Messenger ou par mail pour convenir d'une plage horaire. Il faut donc encore être plus disponibe pour gérer tout ça". Mais se rendre dans ce genre de magasin sur rendez-vou, les gens trouvent ça absurde, explique la photographe. "Mais on peut être heureux d'être là. Je suis totalement solidaire du secteur Horeca ou des coiffeurs qui sont fermés, pour eux c'est inadmissible.Je suis donc heureuse de laisser ma porte ouverte tout en n'acceptant pas ce qu'on nous impose".

Autre lieu, autre ambiance du côté de la grande surface pour sportifs Décathlon. Là, les clients ont le choix: soit ils prennent rendez-vous via l'application de la société, soit ils commandent sur Internet et viennent chercher leur achat sur place. " Ca fonctionne bien, explique Jonathan, un responsable. Nous acceptons 50 personnes à la fois dans le magasin et elles disposent d'une demi-heure pour faire leurs achats, après avoir pris rendez-vous." Les clients acceptent plutôt bien ce compromis et se montrent compréhensifs, comme William, venu d'Eghezée. " Je ne savais pas vraiment comment ça fonctionnait, j'avais prévu de venir aujourd'hui et me suis présenté sans avoir réservé de plage horaire. Comme la plage suivante n'atteignait pas le nombre de personnes, on m'a gentiment proposé de m'inscrire dans celle-là et je n'ai dû patienter qu'une vingtaine de minutes."

Jonathan est soulagé: " Le stress est derrière. Les choses fonctionnent bien. Evidemment, on est loin de la fréquentation habituelle pour un samedi mais on peut continuer à servir nos clients, c'est le principal."

Continuer à recevoir les clients, c'est le leitmotiv du jour. "On peut travailler même si on est loin de réaliser notre chiffre d'affaires habituel", affirme Daniel, vendeur de vêtements pour dames. " Ce qui est important, c'est de garder le contact avec nos clients, aussi pour ne pas rester chez soi à ne rien faire, à se lamenter. Pour le moment, on travaille, on bouge, on vit. On doit en profiter, on ne sait pas ce que demain nous réserve."