Namur Ils sont une septantaine à se relayer en permanence.

Pas franchement sympathique l’accueil chez les gilets jaunes qui campent au poste frontière du Bruly, près de Couvin. On nous dit sans ambages qu’on n’aime pas les journalistes parce qu’ils racontent n’importe quoi sur leur mouvement. Mais après quelques minutes de discussion, nous sommes invités à pénétrer dans une cabane plantée au bord de la route, dans laquelle s’entassent des vivres et des boissons offertes par des sympathisants.

Assis près d’un poêle à charbon, Dominique, Sabine et Fabian nous expliquent pourquoi ils sont présents depuis le début du mouvement. Pour eux, la situation n’est plus tenable. "Il faut faire tomber ce gouvernement qui n’est pas capable de s’occuper des citoyens les plus faibles mais offre des avantages énormes aux multinationales." Alors, ils sont décidés à se battre jusqu’au bout. "Nous avons déjà été délogés par la police fédérale qui a même amené des autopompes parce que nous bloquions la frontière. On ne s’en prenait pas aux routiers belges ou français mais surtout aux Polonais ou aux Roumains qui font perdre des emplois chez nous à cause du dumping social. Mais nous resterons présents jusqu’au moment où nous aurons obtenu satisfaction."

Le mouvement est loin de s’essouffler, selon eux. Ils sont au moins une septantaine de personnes de la région à participer aux actions. "Nous voulons être visuellement présents, pour que les gens qui passent voient que nous ne sommes pas près d’arrêter. On est soutenus par de nombreux automobilistes et camionneurs. Nous ne sommes pas là uniquement pour le prix du carburant mais parce que nous voulons moins de ministres, moins de taxes et un enseignement pour tous. Mais nous manifestons pacifiquement, nous ne voulons pas de casseurs chez nous."

Les trois compères insistent sur un point : "On ne fait pas de politique. Nous ne sommes ni de gauche ni de droite, nous sommes des citoyens, nous sommes tous dans le même panier et nous refusons toute tentative de récupération par quelque mouvement que ce soit."

Ce jeudi, la conversation tourne encore autour des actions futures. "On continue à prendre des contacts, à se structurer. Le mouvement n’en est qu’à ses débuts."

LEF