Namur Près de 500 gilets jaunes se sont rassemblés ce samedi à Namur.


Ce samedi après-midi, environ 500 gilets jaunes (GJ) venant de toute la Wallonie s’étaient donné rendez-vous à Jambes pour aller manifester dans le centre-ville de Namur : ils venaient de Bruxelles, de Mons, du Tournaisis, de Dinant, de la province du Luxembourg, de Liège… Certains s’étaient dès le matin rendus aux funérailles de leur ami gilet jaune Roger, décédé dans les tristes circonstances que l’on connaît. Les consignes de départ étaient simples : "Ce rassemblement a pour objectif de sensibiliser la population à nos revendications. Il se veut pacifique et citoyen. Tout sera mis en place pour qu’il se déroule de cette manière", avait tenu à préciser Noé Covolan, un des porte-parole des GJ.

La manifestation était tolérée par la Ville de Namur. "En l’absence d’autorisation officielle dans les délais, nous nous sommes accordé avec le chef de corps de la police et les responsables des GJ, vu l’ambiance sereine et collaborante, sur un parcours et sur des modalités bien précises. Il y avait bien une très discrète présence policière afin d’éviter toute provocation et aussi, ‘dissimulées’ à des endroits stratégiques, deux autopompes prêtes à intervenir au cas où… Mais tout est resté relativement serein : j’étais tenu au courant par la police", a précisé ce dimanche le bourgmestre Maxime Prévot.

La manif a démarré vers 14h sous un agréable soleil hivernal, emmenée par la Namuroise Coraline qui scandait les slogans que les manifestants reprenaient en chœur tels que "Allez les Namurois, les gilets jaunes sont là !" puis le traditionnel "tous ensemble", à répéter trois fois et, le plus entendu, "qui sème la misère, récolte la colère… Et de cette société, nous n’en voulons pas !"

La manifestation s’est déroulée dans une ambiance décontractée, à l’exception de quelques prises de bec avec des automobilistes fâchés de devoir modifier leur parcours et de nos collègues de RTL-TVI, pris à partie par quelques manifestants. Tout le monde est rentré à bon port vers 18 h au parking de l’Acinapolis, à Jambes.

"Prendre conscience des problèmes sociétaux"

Parmi les manifestants, tous les profils sociologiques étaient représentés.

Guy, un papa emmené “de force” mais de son gré par ses jumeaux Violette et Gustave, qui voulaient à tout prix assister à la manif’. “ C’est l’occasion de leur faire prendre conscience des problèmes sociétaux, comme l’indifférence, par exemple. Je me bats pour leur donner une éducation citoyenne en tout temps.”

Mamita, une dame de Courcelles mais d’origine espagnole. Sur son gilet jaune et sur son sac à dos : une croix rouge. “Je travaille dans le paramédical et dans mon sac, il y a tout ce qu’il faut pour soigner tout ce qui appartient à la ‘bobologie’, tous les petits bobos qui pourraient survenir dans une manif : de l’eau, des pansements, une pommade pour soulager les entorses, des bandages, des compresses, du désinfectant, quelques comprimés du genre paracétamol… De quoi aider son prochain.”

Le “marcheur de Tilff”, un grand gaillard de 35 ans tout de cuir noir vêtu qui nous a assuré être venu à pied de Tilff à Jambes. Il préfère garder l’anonymat. “J’ai fait trois étapes pour arriver ici. J’ai dormi à Sprimont puis à Grâce-Hollogne. Pour le retour, un ami me ramènera car j’ai une grosse déchirure musculaire.”