Les habitants de la commune d'Assesse ont fermement réaffirmé leur opposition à l'implantation d'une fabrique de tarmac à Sart-Bernard, a indiqué mardi leur bourgmestre, Jean-Luc Mosseray (liste Acor+), à l'issue d'une séance d'information publique. La demande de permis urbanistique a été introduite en mars par la société Sotraplant, associée au groupe Broers-Nonet pour "Les Enrobés namurois". Elle vise "l'implantation d'une centrale d'enrobage et d'installations annexes" dans un bois.

Pour la population, c'est hors de question. Outre la disparition de sept hectares de forêt, elle met notamment en avant les risques liés aux fumées cancérigènes, alors que des habitations sont situées à moins de 100 mètres du site. "Plus globalement, ce sont 7.000 habitants qui sont menacés dans un rayon de quatre kilomètres", ajoute le collectif de contestation représentant les citoyens.

La séance d'information publique tenue mardi soir s'inscrivait dans le cadre de l'étude d'incidence demandée par la commune. Plus de 200 personnes y ont manifesté leur mécontentement.

"Depuis le début du dossier, les autorités communales ont clairement indiqué qu'elles ne sont pas favorables à cette implantation à cet endroit", a souligné Jean-Luc Mosseray. "La procédure administrative doit être menée et elle le sera en toute impartialité. Maintenant, aux entrepreneurs de répondre aux objections qui leur ont encore été formulées ce mardi."

"Au-delà des désagréments en terme de proximité, de santé ou d'environnement, la partie mobilité est également importante. Le trafic est déjà très dense à certaines heures dans la zone, cela pose problème", a-t-il ajouté.

Les résultats de l'étude d'incidence devraient être présentés d'ici la fin de l'année. De son côté, le collectif citoyen de contestation a déjà affirmé qu'il entamerait toutes les démarches possibles pour s'opposer au projet. Une manière d'inviter les entrepreneurs à arrêter les frais dès maintenant et à se tourner vers une autre implantation.

Les Enrobés namurois ont rappelé que le projet "répond à un besoin réel de capacité de production d’enrobés, dans la région". Les représentants de l’entreprise ont aussi expliqué le fonctionnement de la centrale, "qui s’inscrit dans une approche d’économie circulaire : jusqu’à 50 % des matières premières issues d’anciennes routes pourront-être recyclées. Les technologies choisies permettent en outre de fabriquer des enrobés à une température plus basse, ce qui diminue l’énergie nécessaire pour le processus de production. Il s’agira donc bel et bien d’une centrale moderne, prévoyant les dernières technologies pour limiter au maximum l’impact sur l’environnement ou les environs."

Les initiateurs du projet ont également expliqué avoir déjà fait réaliser une étude de la biodiversité du site par un expert naturaliste." Plusieurs mesures garantissent la préservation de cette biodiversité. Il s’agit par exemple d’une bande boisée de 20 mètres de large qui sera maintenue à la périphérie du site." Les Enrobés namurois s’engagent aussi à créer des réserves naturelles sur des terrains non exploités comme par exemple sur un site de 2,5 ha situé non loin de là. "La construction de la centrale représente également 30 emplois directs sur le site (centre, laboratoire, services administratifs, équipe de pose) et des dizaines d’emplois indirects."

"Nous pouvons parfaitement comprendre que ce projet suscite des questions. Notre volonté est et sera toujours de rester très transparent à ce sujet, dans un climat constructif. Et donc de répondre de façon factuelle aux questions que peuvent se poser les habitants et d’apporter les éclaircissements nécessaires.", déclarait François Nonet, directeur adjoint du Groupe Nonet.

Afin que les riverains puissent se rendre compte de la réalité sur le terrain, les entreprises organisent une visite d’une centrale d’enrobés similaire en activité (visite initialement prévue en avril mais reportée en raison de la CoVID-19) les vendredi 25 et samedi 26 septembre 2020, sur inscription. Un site web a également été créé à destination de tous ceux qui se posent des questions sur ce projet :www.enrobesnamurois.be. "Les riverains peuvent aussi envoyer leurs questions par e-mail à l’adresse info@enrobesnamurois.be ou par courrier à 10 Rue des Artisans 5150 Floreffe."

Les riverains ont désormais 15 jours pour transmettre au Collège communal les points qu’ils souhaitent que l’étude d’incidences aborde.  Les prochaines étapes sont à présent : 30 septembre : Date limite pour la réception des remarques .2 décembre : Date limite pour le dépôt de l’étude d’incidence .Décembre-Janvier 2020 : enquête publique (30 jours)